Les oiseaux

Allez, récitez avec moi : « Souvent, pour s’amuser, les hommes d'équipage, prennent des albatros… ». Eh, oui, ils sont tellement beaux ces oiseaux qui nous accompagnent sur les océans et jusqu’au bord des plages. Je me souviens, comme d‘un cadeau, de ma première rencontre avec des albatros, à la limite des 40èmes Sud, par une belle journée ou ils évoluaient dans une forte houle en semblant juste glisser comme des valseurs sans un seul battement d‘ailes. Et qui n’a pas ressenti le piaulement des goélands comme la marque des vacances et de la vie sauvage.

Pourtant ça ne va pas fort de leur côté : leur nombre a globalement chuté de 70 % entre 1950 et 2010 et je ne vais pas vous surprendre en vous disant que l’homme a quelques responsabilités là dedans.

On a globalement arrété de manger des œufs d’oiseaux de mer, encore qu’aux Féroé on tue chaque année entre 50 000 et 100 000 poussins de fulmars. Décidément ces braves féringiens entre ça et la chasse aux globicéphales sont plutôt nuls.

Mais la pêche aux poissons à la palangre, ces lignes de plusieurs milliers d’hameçons tue par noyade environ 300 000 oiseaux par an. Beaucoup plus grave, ne vidant les mers des espèces marines, l’homme affame tout simplement les oiseaux. En particulier à l’époque de la reproduction , les animaux sont contraints de partir beaucoup plus loin et longtemps laissant le nid sans surveillance pour les prédateurs et les poussins moins bien nourris ont une forte mortalité.

La pollution par le plastique, même de petits morceaux est aussi dévastatrice. On estime à1 million d’oiseaux les victimes d’occlusions intestinales ; là encore les poussins auxquels les parents régurgitent des bouillies à forte teneur en plastique payent le prix fort.

Près du rivage, le bétonnage et le drainage des zones humides, pour édifier des ports de plaisance, des hôtels ou des centres commerciaux, privent les oiseaux de terrains tranquilles où la nourriture était abondante.

L’éclairage nocturne excessif et surtout quand il éclaire le ciel désoriente les oiseaux qui s’écrasent alors à terre. De même les baies vitrées représentent un danger de plus en plus répandu. Enfin, les chiens, chats ou rats, commensaux des humains font des ravages pour ces oiseaux qui nichent par terre. Ajoutez à cela le réchauffement climatique qui bouleverse leur alimentation et vous comprenez pourquoi 30% des oiseaux de mer sont des espèces menacées.

Pourtant ne perdons pas espoir. Dans les mers du grand sud, par exemple, la modification de l’utilisation des palangres de pêche a permis de passer de plusieurs dizaines de milliers de morts par an à quasiment zéro. L’éradication des rats sur les îles fait merveille, l’extinction des lumières parasites aussi.

Il y a des solutions il y en a pour que nos amis à plumes continuent à bercer nos côtes.

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