Les rapports entre l’océan et l’atmosphère, qui vous occupent ce soir, sont choses infiniment essentielles à la vie de la planète et donc des hommes, mais bien complexes à expliquer, en particulier parce que tout cela est invisible à nos yeux. Même un marin averti ne peut remarquer les millions de tonnes d’eau s’évaporant chaque jour de la surface des mers, ni les quantités de plus en plus astronomiques de CO2 absorbées par l’océan, ou les particules de pollutions portées par les vents qui finissent en empoisonnant la vie océanique. Si tout ceci avait une couleur, une odeur ou émettait un son, gageons que nous y ferions plus attention. On verrait, par exemple, nos mers changer peu à peu de couleurs, on entendrait une cacophonie se développer…..Allez, je garde cette idée poétique pour plus tard et je vais vous entretenir de ce que je connais, comme marin, des interférences entre l’océan et l’atmosphère: les vagues.

Il faut dire que du pont d ‘un voilier, les vagues qui déferlent et peuvent aller jusqu’à retourner un bateau sont infiniment plus dangereuses que le simple vent, même fort.

Je ne suis pas sûre que l’on sache très précisément comment fait le vent pour créer les vagues. Mais ce qui est sûr c ‘est que plus il souffle fort et longtemps dans la même direction et sur une longue distance et plus les vagues sont hautes. Un vent de 20 nœuds, un vitesse moyenne peut générer une houle de 5 mètres, mais un ouragan de 80 nœuds peut engendrer des monstres de 32 mètres. SI je suis encore là ce soir, c ‘est que je n’en ai jamais rencontré. Car la plupart du temps, les marins cherchent à se mettre à l’abri en se rapprochant de la côte d’où vient le vent pour diminuer la distance sur laquelle celui-ci à prise.

Malheur à celui qui se laisse piéger au contraire, près d’une côte avec un vent du large. Car la houle se réfléchit contre le rivage. On a droit alors à des vagues fortes et dans tous les sens….

Pour être plus précise, ce qui angoisse le marin est surtout le rapport entre la hauteur de la vague et sa longueur d’onde, c ‘est à dire la distance entre deux vagues successives ; Tant que ce rapport reste inférieur à 7, pas d’histoire, le bateau se soulève gentiment sur le dos de la mer et redescend de l’autre côté. Même une vague de tsunami, n’occasionnera aucun mal. Il n’y a qu’à contempler les albatros planer avec. Mais au-delà de 7, les gouttes d ‘eau sont projetées en avant avec toute l’énergie de leur masse et de leur altitude. Voyez la force des rouleaux qui déséquilibrent déjà les baigneurs quand ils ne font pas un mètre et sachez que l’énergie d’une vague est proportionnelle au carré de sa hauteur. Cela devient vite un cauchemar.

Observer les vagues n’est pas qu’un passe-temps de contemplatif. C’est un puissant instrument météorologique. Les trains de vagues voyagent plus vite que les dépressions qui leur donne naissance. Si par temps calme, donc, une belle houle se présente et que le baromètre baisse, ….. attention ! Le mauvais temps arrive !

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