Alors, quelles nouvelles d’__ Aptenodytes forsteri ?

Le manchot empereur
Le manchot empereur © Samuel Blanc - Wikimedia
Ne faites pas cette tête , vous connaissez très bien cet oiseau, héros de “la marche de l’empereur” et de bien des bandes dessinées. J’ai donc nommé le manchot empereur. Des nouvelles plutôt bonnes dans un premier temps. Il sont plus nombreux que prévu. Depuis une dizaine d ‘années, les scientifiques avaient repéré de allers et venues suspectes en mer, mais c ‘est le satellite qui les a dénoncé, car cet oiseau d’un mètre vingt de haut est assez gros pour être localisé depuis l’espace, quand il est en colonie pour la ponte. L’enquête s’est donc tourné vers le glacier Mertz à 250 km de la base antarctique française. 6000 petits, donc 12 000 adultes ont été découverts, ce n’est pas rien pour une espèce classée comme “ quasi menacée” par l’UICN. Ce sont donc au total près de 600 000 manchots empereurs qui s ‘ébattent sur la glace du Grand Sud. Cette brave bête a des atouts certains, elle est capable de parcourir 150 km sur la glace pour trouver un lieu de ponte favorable, le mâle qui couve l’oeuf peut résister à des froids de -60° et des vents de 200 km /h. Quand à retrouver son petit dans la masse d ‘une manchotière le parent est capables de modulations vocales qui ferait palir la castafiore. C’est un plongeur remarquable, plus de 20 mn à 500 mètres de fond et s’il ne sait pas voler, cet excelletn nageur peut parcourir plus de 1000 km en quelques jour pour aller chercher la pitance de sa progéniture. Mais le manchot empereur a un gros défaut; il est philopatrique. Entendez par là qu’il persiste tous les ans à retourner pondre là où il est né. On le comprend, quand on a trouvé une petite case sympathique .....mais par ces temps d’instabilité climatique ce peut être dangereux. Le réchauffement et les vents plus violents fragilisent la glace et le poussin risque de boire la tasse lors de sa dislocation anticipée. Il semble d’ailleurs que c’est déjà ce qui est arrivé à une petite colonie dans l’ouest de l’antarctique qui a disparue depuis 2009. La colonie de Terre Adélie a vu, elle, ses effectifs chuter de 50 % depuis les années 70. Des études portant sur la diminution de la glace,lui prédise même un avenir sombre avec une quasi extinction en 2100. En cause, le réchauffement à nouveau, mais aussi la pèche de krill, cette minuscule crevette qui est à la base de la chaîne alimentaire dans ces mers glaciales joue un rôle essentiel pour produite le poisson et les calmars dont raffole notre manchot.. Et de ce point de vue les nouvelles ne sont pas bonnes. La dernière réunion de la comission sur la faune et la flore antarctique a échoué à définir des zones protégées. La Russie, l’Ukraine et la Chine ont orchestré l’échec de la négociation pour défendre leurs pêches. Eh, oui, après avoir appauvri dramatiquement toutes les mers du globe, il ne reste plus que ce lointain océan pour faire encore quelques profits. Coneillons donc à Aptenodytes forsteri de faire un petit effort d’adaptation. Que diable, il n’a qu’à s’habituer à pondre dans les parkings et à manger des mac do, car de celà il y en a de plus en plus à la surface de la terre..... Le manchot empereur est une espèce aussi emblématique du pôle sud que l’ours blanc l’est du pôle nord... une comparaison qui porte à l’inquiétude. Je suis sûre que vous vous joingnez à moi pour souhaiter longue vie à l’empereur!
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