Convention sur le droit des océans

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Montego bay, vous voyez où cela se situe ? En Jamaïque ! Voilà une question pour le jeu de mille euros. Quel rapport avec la taille de la France ? Allez, je vous aide. Donc à Montego bay en 1982 s’est signée une convention de l’ONU extrêmement importante sur le droit des océans. Laquelle a défini ce qui relevait des eaux territoriales d’un pays (là où son droit s’applique sans restrictions) et qui va jusqu’à 12 milles, soit 20 km des côtes, d’une autre zone au nom poétique de ZEE, pour Zone Economique Exclusive. Cette dernière s’étend jusqu’à 200 milles soit 360 km des côtes. Au-delà c’est la haute mer…. Un autre sujet de chronique pour moi. Dans cette ZEE, les états ont la main sur les ressources naturelles vivantes ou minières. C’est-à-dire qu’ils contrôlent la pêche et l’élevage, les forages en mer, la surveillance des navires et la protection de la zone. Quand on sait, par exemple que 30 % du pétrole provient aujourd’hui de forage en mer, on voit déjà l’intérêt. Mais la convention de Montego bay a prévu une possibilité de demander une extension de ces 200 milles si l’état pouvait prouver que son littoral s’étend naturellement géologiquement et morphologiquement au-delà. Là cela devient une affaire de spécialiste, la France a donc confié à IFREMER le soin de prouver cela pour les nombreuses îles de la république de par le monde. Ayant obtenu gain de cause pour une partie des demandes, le décret du 19 octobre augmenté de 500 000 km 2 environ notre beau pays, sans que soit tiré un coup de canon ! Déjà deuxième nation maritime du monde avec anciennement millions de km2, nous nous rapprochons de la première place détenue par les USA. Attention sur ces extensions seules les droits au sol et au sous-sol sont reconnus… mais quand même. Et puis ce sont les dossiers les plus simples diplomatiquement qui ont été traités : Martinique et Guadeloupe, Guyane, Nouvelle Calédonie et la plus importante, Kerguelen. Restent des dossiers en attente : Golfe de Gascogne, Crozet, La Réunion, Saint-Paul et Amsterdam, Wallis et Futuna et Saint-Pierre-et-Miquelon. Où, pour certains nous nous chiffonnons avec d’autres pays. Et un gros morceau a déposé auprès de la docte commission : la Polynésie française. Donc certes cocorico pour la France, ce pays où le soleil ne se couche jamais ! Mais reste à savoir ce que nous ferons de ces territoires pour la quasi-totalité inconnue. Organiserons-nous un pillage indistinct des matières premières, au motif du développement économique et au détriment de la vie des océans ? Aurons-nous une sage gestion consistant à étudier d’abord et avoir une action mesurée et durable ?

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