Pêche illégale

Quelques bonnes mais impressionnantes nouvelles. Je vous ai déjà entretenu de la pêche illicite qui détruit les populations de poissons et pousse au chômage d’innombrables pêcheurs locaux. Depuis quelques années Interpol a pris les choses au sérieux, constatant que près du tiers des débarquements mondiaux sont illégaux et représentent en moyenne 10 milliards d’euros qui alimentent les mafias.

Plusieurs pays commencent à réagir de manière spectaculaire. En quelques semaines, la Nouvelle Zélande a arraisonné deux navires opérant en Antarctique. Malgré leur pavillon de Guinée équatoriale, l’enquête est rapidement remontée en Espagne où un armement depuis longtemps suspecté a été perquisitionné. Ses dirigeants ont été inculpés de crimes environnementaux, blanchiment d’argent, falsification de documents et crime organisé, ce qui devrait les mettre à l’ombre pour un bon moment.

Un autre navire pirate de l’Antarctique, signalé par une organisation environnementale, a cru bon de se réfugier en Indonésie. Mal lui en a pris, l’équipage est sous les verrous et le bateau a été purement et simplement coulé.

C’est la même mésaventure qui est arrivé à un pêcheur pirate chinois du côté de la Patagonie argentine. Pris en flagrant délit il a tenté de s’enfuir puis d’éperonner le bateau des gardes côtes qui l’a, lui aussi, envoyé par le fond en arrêtant son équipage. Décision courageuse car la Chine est un marché essentiel de denrées agricoles pour l’Argentine.

Même le petit Togo a créé des zones réservées à ses pêcheurs locaux, suspendant les autorisations données aux navires étrangers ainsi qu’à certains de ses propres bateaux suspectés d’actions illégales.

Après des décennies de laisser faire, la chasse aux pirates semble donc ouverte. Il y a encore bien du travail. On connait les principales nations coupables : Chine, Corée, Russie, Taïwan, pays africains… Le besoin de protéines peu onéreuses, le marché des produits de la mer florissants amènent des armements de ces pays à sillonner la planète en quête de pillages. Falsifier l’apparence des navires, user de faux papiers, de complicités mafieuses, perturber les systèmes de surveillance électronique, au besoin sortir les armes, tous les moyens sont bons.

La riposte tant attendue semble se dessiner. Réjouissons-nous. Si d’un côté les consommateurs exigent la traçabilité des poissons qu’ils consomment et de l’autre les autorités sévissent, nous garderons peut-être quelques poissons dans les mers, pour le bénéfice de ceux qui vivent honnêtement de la pêche….

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