Hors de vue de terre, latitude et longitude sont le meilleur moyen qu’ont trouvé les hommes pour savoir où ils sont. Pour la latitude, pas trop de problèmes, l’observation de la hauteur du soleil ou des étoiles permet par un calcul simple de la connaître, à tout le moins de rester sur le même parallèle. La longitude c’est plus corsé. Si on a l’heure précise à bord, on peut la comparer à celle du méridien de départ dont la longitude est connue, puisque en une heure la terre a tourné de 15 ° … ça va vous suivez ?

Le problème c’est que pendant des siècles on était bien en peine d’avoir des horloges précises à bord. De cette incertitude suivaient de nombreux naufrages et un jour le roi d’Angleterre, Georges III s’agaçât de la perte de 4 de ses navires et deux mille marins au large de la Cornouaille et promit une fortune équivalente à plusieurs millions de dollar

actuels à celui qui trouverait la solution du problème. Nombreux furent les Géo Trouvetout attirés par le pactole, on vit défiler celui qui proposait de disséminer des radeaux ancrés sur l’Atlantique à des points fixes tirant des coups de canons et des fusées et celui qui envisageait la blessure de chiens … oui ,oui, M. Digby, inventeur de la poudre de sympathie, se vantait de guérir des blessures simplement en recouvrant de sa poudre miracle un objet appartenant au blessé ; prenez donc un chien que vous blessez et à qui vous avez fait un pansement ; faites ensuite monter le chien à bord et chaque jour à midi, une personne restée à terre trempera le pansement dans la poudre… le chien à bord hurlera à la mort et signalera ainsi qu’il est midi sur le lieu du départ … simple !

Plus sérieux une lutte terrible opposa les astronomes du roi tenant de visées et calculs qu’ils étaient sans doute les seuls à maîtriser et un horloger du Yorkshire : John Harrison. Génie de la mécanique et du bricolage le brave homme consacra plus de 30 ans de sa vie à construire 5 horloges. Chacune était un bijou de l’art, il perfectionna sans cesse les matériaux, de plus en plus solides, les engrenages de plus en plus fins et les outils qu’il fallait pour les travailler, les mélanges de métaux les plus complexes pour éviter la moindre dilatation, les huiles les plus fines. La première avait la taille d’une armoire, la dernière tenait dans une poche. A chaque fois qu’il présentait son ouvrage, ses ennemis, les astronomes le débinaient, chipotaient sur les tests ou essayaient de lui tirer ses secrets. Il fallut que son horloge la plus aboutie H4 eut l’honneur d’accompagner le célèbre Cook en 1772 dans son deuxième voyage et que celui- en chante les louanges, pour qu’enfin le talent d’Harrison soit reconnu. Entre temps il était vieilli, aigri, y avait laissé sa santé et sa petite aisance financière.

Mais grâce à lui, les garde-temps, comme on les appelaient alors, firent leur apparition sur les navires et sauvèrent bien des vies.

Si l’histoire vous passionne, les horloges d'Harrison sont gardées comme des trésors nationaux au musée des longitudes de Greenwich on voit aussi à Paris au musée des Arts et métiers, l‘exemplaire construit par le concurrent français de Harrison, Ferdinand Berthoud et il y a l’excellent petit ouvrage de Dava Sobel tout simplement appelé longitude.

Gloire donc à l’horloger Harrison !

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