Va' a motu
Va' a motu © Radio France
Il y a du rififi dans les lagons ! Au diable le farniente au soleil dans l’attol de Fakarawa aux Tuamotu depuis que Julien Girardot, cuisiner et photographe a débarqué de la goélette Tara et y a rencontré Ato, un pêcheur local. Julien était venu photographier les pirogues à voiles, mais depuis 50 ans plus aucune ne sillonne le lagon, remplacées par les embarcations en plastique et à moteur. Comment une tradition vieille de 5000 ans qui a permis à des populations entières de parcourir le Pacifique, grâce à des techniques de construction et de navigation extraordinaires, a-t-elle pu disparaître complètement ? Alors les deux nouveaux amis s’attellent depuis 2 ans à relever le défi : on va reconstruire une pirogue pour l’île. On s’adresse aux anciens, Manuel et Axel qui ont connu ces traditions ancestrales, on met un architecte de la partie, puis un fabricant de voiles, on trouve quelques soutiens financiers et naît le projet Va’a Motu : une pirogue en contreplaqué de 9 mètres à voiles avec un petit moteur rechargeable par des batteries solaires pour les manœuvres de port. Le bateau sera construit au milieu du village, pour que chacun voit refleurir cette tradition millénaire et mise à l’eau en avril. Fakarawa et les 6 atolls voisins constituent une réserve de biosphère de l’Unesco, la pirogue sera donc mise à disposition des scientifiques, pour étudier la faune et la flore marines, exercer la surveillance et déployer un ambitieux programme de modélisation en 3 D des fonds marins. Mais on l’utilisera aussi pour des régates traditionnelles avec les voisins de Tahiti, pour développer l’éco tourisme et pour emmener les enfants qui, bien sûr, suivront pas à pas cette renaissance. Un bon moyen aussi de mélanger jeunes et vieux autour de la fierté de leurs origines. On n’oubliera pas d’aller visiter les autres îles des Tuamotu, il y en a 78 donc on a l’embarras du choix, histoire de faire un peu de prosélytisme. Et pour tout vous dire, les deux compères, Ato et Julien, voient déjà plus loin. Tout en construisant, on compte former au métier quelques jeunes, et dès 2015, si tout va bien, VA’a Motu aura des petites sœurs pour faire de l’école de voile et promener les touristes. Mais le grand dessin, c ‘est de pouvoir proposer des embarcations aux pêcheurs locaux et, un jour, de revenir au transport du fret entre les îles : aisé, local et écologique. Tout ceci n’a rien de chimérique, à Tahiti, Alexandre Genton produit depuis 10 ans ces pirogues dont l’une a rallié son île à Shanghai, en 107 jours. Les catamarans d ‘Alexandre peuvent transporter jusqu’à deux tonnes ; largement de quoi ramener les produits de première nécessité dans des îlots que le coût du fuel avait exclu du ravitaillement. D’ailleurs c ‘est l’une d ‘entre elles qui transportera à Fakarawa les matériaux indispensables à la construction du bijou local… Soyons logique ! Bref, c‘est un beau projet qui est en train de naître à l’ombre des palmiers. Si vous voulez en savoir plus, nos amis ont un site internet, l‘adresse est bien longue à donner à la radio , mais vous aurez le lien sur le site de France Inter. [On peut même leur donner un coup de pouce sur le site de financement participatif : « le pot commun »](https://www.lepotcommun.fr/pot/Qian7cld). Alors que diriez-vous d’aller tirer quelques bords, bercés par l’alizé ? ## Les liens [Le pot commun](https://www.lepotcommun.fr/pot/Qian7cld) [Le site du photographe Julien Girardot](http://juliengirardot.wordpress.com/2012/09/03/artificial-light-shots-selection-2012/vaa-motu-la-memoire-des-anciens-3/)
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