En ce début d ‘année, j’ai une pensée particulière, vous le comprendrez pour ces marins seuls sur l’océan. Et je pense particulièrement à trois d ‘entre eux : Abhilash, Alain et Guo.

Et non ! ce ne sont pas les prénoms des héros du Vendée Globe dont vous entendez les exploits incroyables sur nos ondes. Abhilash est indien, Guo chinois et Alain français, mais tous les trois ont pris eux aussi récemment le départ d’un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

Par ordre de départ, c’es Alain Delord qui s ‘est élancé le 28 octobre dernier du Crouesty. L’homme est un vieux routier de la voile et en a fait son métier. Mais à l’âge ( 63 ans) où d’autres prennent une retraite aux Antilles, il s ‘est lancé dans ce défi sur un voilier de 10,35 mètres, joliment nommé Tchouk tchouk Nougat ; Alain dit de lui même qu’il a toujours fait les choses sur le tard. La minitransat à 52 ans , puis vétéran du Figaro Mais c ‘est bien en compétiteur qu’il compte aborder ce parcours, rêvant de surpasser les 185 jours d ‘Alain Maignan , le dernier plaisancier français à l’avoir réalisé.

Puis, le 1 novembre, de l’autre coté de la planète, vint le tour de l’indien Abhilash Tony, officier dan la marine nationale indienne. Lui, a hissé les voiles de Goa, sur la côte ouest de l’Inde à bord de Mhadei, un voilier de 56 pieds qui avait déjà connu une belle carrière aux mains de Dilip Donde, premier indien à effectuer un tour du monde, mais avec escales ; Abhilash devait faire mieux, ce sera donc sans escales. Ce tour il en rêve depuis plus de 10 ans. Après avoir servi d’assistant à terre pour Dilip, le voilà donc à la barre. Pas d’esprit de course chez lui, mais l’honneur d’être le premier indien dans un tel défi. Il envisage de rester 180 jours en mer, mais grâce au yoga, à la méditation et à une bonne nourriture, le solo ne l’impressionne pas. La mer , il l’aime, tout simplement : « emmèneriez vous vos amis pour votre lune de miel ? » demande-t-il ingénument.

Trois semaines plus tard, le 18 novembre, c‘est de Quingdao, dans l’est de la Chine que Guo Chan a pris la mer, toujours pour le même défi, rêvant lui, d ‘être le premier chinois a inscrire son nom a cette glorieuse liste. 47 ans, ingénieur promis à une belle carrière dans l’industrie spatiale, Guo a découvert la voile il y a 15 ans, mais depuis a enchaîné le premières : Premier chinois à faire de la coures au large, premier à participer au tour du monde des clippers, premier à courir la Volvo race et, on se souvient du pavillon chinois flottant dans le port de la Rochelle en 2011, premier chinois a courir une minitransat. Guo est surtout un coureur et c’est donc un class 40, voilier de compétition de 12m, de fabrication française nommé Akilaria qu’il mène. Il rêve de mettre moins de 130 jours et surtout de faire découvrir à ses compatriotes les bonheurs du grand large, l’environnement marin et le respect de la planète mer.

Trois hommes, trois destins et l’océan pour tous ! Pour tous les trois, les affres de la préparation, la séparation de leurs proches pour une navigation hasardeuse, les cieux étoilés, les galères, les albatros, les icebergs …peut être vont ils se faire doubler par l’un de ces redoutables 60 pieds du Globe lancés à des vitesse faramineuses, mais eux ne démériteront pas pour être aussi à la poursuite de leur rêves.

Alors, joignez vous à moi pour souhaiter bon vent à Alain, Guo et Abhilash, et que les mers et les vents soient au rendez-vous de leurs espoirs.

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