Bonsoir Fabienne et bonsoir à tous,

Le mois dernier s’est tenu le procès en appel dans l’affaire du « Carré d ‘As », ce voilier pris en otage dans le golfe d’Aden, dont les occupants furent heureusement libérés. 5 pirates capturés moisissaient en France et ont écopé de 4 à 8 ans de prison et d’un acquittement. Evidemment cette justice n’a aucune chance de faire reculer la piraterie, souvent le fait de pauvres diables n’ayant rien à perdre et armés par de puissantes mafias qui se jouent d ‘états totalement désorganisés comme la Somalie. Enrichis par les premières rançons, les pirates avaient industrialisés leurs activités en opérant avec de gros navires mères capable de ratisser les eaux jusqu’à 1000 km des côtes.

C’est une présence militaire renforcée et coordonnées dans tout ce nord de l’océan indien qui a permis de diviser par deux les actes de piraterie au niveau mondial et par trois dans le golfe d ‘Aden, entre 2011 et 2012. En fait vous aviez le choix pour passer la mer rouge entre :

1/ faire partie d ‘un convoi rapide escorté militairement

2/ mettre votre bateau sur un cargo revenant à l’étape précédente

3/ vous payer des barbouzes privés campant sur votre pont avec leur quincaillerie et faisant la fortune des officines privées de sécurité.

4/ accepter de perdre la vie ou de passer des mois captif dans le désert.

Mais si les nouvelles sont bonnes sur le front de l’Afrique del’Est, la piraterie est en train de se déplacer vers l’ouest de l’Afrique et le golfe de Guinée. Le diagnostic est toujours le même : des populations appauvries par les bienfaits de la mondialisation, une population de jeunes hommes prêts à tout et, sans aucun doute, quelques mafieux tirant les ficelles.

Après le Nigeria et le Bénin qui ont réussi à se coordonner pour patrouiller, c’est au tour de la Côte d ‘Ivoire où, le mois dernier, un pétrolier français a été attaqué.

Du coté de l’Asie, après la sécurisation du détroit de Malacca, c’est au trou de l’Indonésie, de devenir le fief de la piraterie. Au cœur de ses milliers d ‘îles, il est il facile de cacher un cargo que l’on revendra ensuite en Chine, moyennant sonnantes contributions. Bref dès que la pression se relâche quelque part, la menace se déplace. Le site du ministère des Affaires Etrangères fait une longue liste : Mer de Chine, Inde, Indonésie, Bangladesh, golfe de Guinée, golfe persique, Tanzanie, Seychelles…. De quoi vous inciter à rester plutôt fréquenter l’île de Ré, ou le golfe du Morbihan, car les pirates ne dédaignent aucune proie. Un blanc, qu’il soit équipage de cargo ou petite famille en vacances, rapporte tout autant.

Ce qui frappe aussi, c‘est la violence des attaques, de plus en plus armés, se sachant traqués, devenus professionnels sans états d ‘âmes, on est loin du pauvre pêcheur arrondissant ses fins de mois à coup de tromblon.

Quelles solutions ? Renoncer à fréquenter des pans entiers d ‘un océan, normalement synonyme de liberté ? Déployer en permanence des forces militaires sur un terrain de jeu de plus en plus large, en sachant que le moindre relâchement, ramènera les pirates ? Favoriser le développement économique et politique des ces états exsangues pour que pourvus d ‘un travail, la majeure partie des pirates reviennent à de paisibles activités ?

Un peu des trois, sans doute, aujourd’hui. A vrai dire on a beaucoup mis en œuvre les deux premières solutions. La troisième est plus complexe, plus chère, mais forcément à long terme plus définitive.

Allez, bon vent quand même à tous les marins et bon WE ma chère fabienne.

L'équipe
Mots-clés :
(ré)écouter Les récits d'Isabelle Autissier Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.