La Méditerranée

Tiens parlons un peu de la Méditerranée! Certains y voient l’endroit rêvé pour tremper leurs doigts de pieds, d’autres le tombeau de centaines de gens fuyant la guerre, d’autres encore lorgnent sur son pétrole, ses poissons, son trafic maritime, ses baleines,… et j’en passe. Au total cette bien petite mer (moins de 1 % de l’espace maritime) se voit au cœur d’un peu trop d’intérêt. Une récente étude a fait un point en remettant simplement les uns à côté des autres les objectifs assumés de chacun à l’horizon de 2025 /2030 … cela fait peur.

Ainsi, l’aquaculture veut être multipliée par deux, pendant que l’on accueillera 500 millions de touristes, que l’on bétonnera 5000 km de côtes supplémentaires, alors que les permis d ‘exploration d’hydrocarbures doivent doubler pour atteindre donc 40 % de sa surface, avec dans le même temps l’installation d ‘énergie éolienne et d’exploitation de minerais, plus la croissance du transport maritime de 4 % par an, sans oublier le développement rapide de la pêche de loisir, alors que les espèces commerciales sont déjà à 90 % en état de surpêche, en prime le respect du bon état écologique des eaux et la protection de la biodiversité auxquels les pays du nord du bassin, au moins, se sont engagés…. Et je ne parle bien sûr pas des tensions géopolitiques.

Alors, je ne sais pas la tête qu’aura la Méditerranée, en 2030, mais ce qui est sûr, c’est que « cela ne va pas le faire » comme on dit. Il y a urgence à remettre les acteurs autour de la table. Pas seulement pour se partager l’espace, mais pour comprendre que chaque activité interagit avec les autres. On ne peut pas, dans cet espace fermé, artificialiser les côtes ce qui supprime les nurseries de poissons et rétablir la pêche, accueillir des touristes avec un risque de marée noire, protéger les baleines en leur cassant la tête avec des prospections sismiques…. L’Union Européenne avait bien parlé de prospectives intégrées, mais c’est pour le moment resté lettre morte. Il manque une vision globale.

Il me semble qu’avec une mer qui rassemble près de 10 % de la biodiversité océanique, la première des choses serait de s’organiser pour la garder vivante, c’est à dire la moins polluée possible et avec un maximum de biodiversité. Cela pourrait favoriser une pêche de subsistance et de faire plaisir aux touristes et même aux aquaculteurs. Je verrais bien que l’on exclue toute exploitation d’hydrocarbure, ce qui aurait l’avantage d’être en ligne avec la COP 21, au terme de laquelle il faut laisser les 2/3 des réserves mondiales connues là où elles sont.

Voilà juste quelques idées, mais c’est sûr qu’il va falloir en avoir pour que cette jolie mer de meurt pas et en avoir vite.

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