Décembre, pour les « voileux » et surtout les parisiens « voileux », c ‘est l’époque du salon nautique rebaptisé le Nautic. Même s’il se targue de rester le premier salon mondial des disciplines nautique, les couleurs ne sont pas revenues aux entreprises du secteur. L’année dernière, on disait pudiquement que le pire était passé. Que dira –t on cette année ?

Salon nautique
Salon nautique © Maxppp

Evidemment en période de crise, le renouvellement de votre fier coursier des mers n’est pas votre première priorité… allez le vieux fera bien encore quelques saison, adieu au mètre supplémentaire dont on rêvait. Remarquez que cela fait en partie les affaires des chantiers d ‘entretien. Pour ce qui est de la construction, c’est dur dur ! La marché national est saturé, eh, oui, un bateau a le bon goût de durer au moins 30 ans, et puis les ports sont également saturés. Où mettre votre beau navire ? Et puis … depuis 2008, on y revient, c’est la crise. Si les navires à moteur se vendent encore, les voiliers sont à la traîne et la tendance est lourde. Au delà de la conjoncture, les immatriculations en 10 ans ont baissé de plus de 50%, particulièrement pour les petites tailles. Tiens, tiens, les propriétaires fortunés ont l’air de moins souffrir que les autres. Remarquez que les industriels, qui, il faut le reconnaître n’ont pas les deux pieds dans le même … bateau, ont vu venir l’affaire et ont fait de gros efforts pour s’internationaliser, efforts couronnés de succès puisque, voile et moteur confondu, la plaisance française s’exporte à 68 %, principalement en Amérique du Sud et en Asie.

Mais pour revenir à la France, au delà des considérations financières, c’est la sociologie des pratiquants qui a changé. En gros, il y a 20 ans, des couples de 30-40 ans naviguaient en famille. On passait y la quasi totalité du budget familial des loisirs, et on ne rechignait pas à une nuit à la barre avec le vent dans le nez. Aujourd’hui, les propriétaires ont vieilli avec leurs bateaux sans être vraiment remplacés par la nouvelle génération, car l’idée même des loisirs a changé. On est plus touche à tout, la voile d ‘accord, mais quid du canyoning ? du delta ? Du paddle ? Madame ose dire qu’elle ne supporte pas la mer et les enfants filent dès qu’ils peuvent vers les plages et les boîtes de nuit entre copains. Comme le dit un constructeur, aujourd’hui on va se balader en Chine, alors le tour de la Corse … ! Et puis la voile c ‘est compliqué, les voiliers ça gîte, ça fait un peu peur, la régate sur internet c’est plus cool… je caricature à peine. La solution : s ‘adapter. Bateaux plus confortables, c’est déjà fait. Mais une autre piste est la co-navigation. Sous ce vocable beaucoup de réalités, les bourses des équipiers, la copropriété, les croisières en flotte comme on le fait avec les camping-cars. On s ‘entraide, on se rassure, les enfants jouent ensemble, on fait la fête à l’escale.

Une nouvelle approche de la mer, mais si elle s’appuie sur le partage, pourquoi pas ?

Alors décidés pour vos prochaines vacances ?

Allez, bon vent à tous et bonne semaine.

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