Vous parlez de mesures, il y en a une qui intéresse bigrement les marins c’est celle du niveau de la mer, pour savoir si nos bateaux vont flotter ou … s’échouer. Donc deux problèmes : mesurer les profondeurs dans le plus grand nombre de points et savoir tenir compte de la marée.

D’innombrables savants, d’innombrables bateaux ont sillonné mers et côtes au départ avec des plombs manuels puis avec des sondeurs électroniques pour mesurer les premières. Au milieu du 19ème siècle, gloire lui soit rendue, le méconnu Rémi Chazallon mit au point le premier marégraphe (mesurant la hauteur de la marée) ainsi que le premier almanach de prévision des marées en un point. Pour décrire les marées plus ou moins fortes, on leur associe un coefficient variant de 20 à 120. Attention pêcheurs à pied le 21 mars prochain, marée exceptionnelle de 119, préparez vos épuisettes ! Sur les cartes marines françaises les profondeurs portées correspondent aux marées basses de coefficient 120, c’est-à-dire le plus bas possible, le marin est sûr d’avoir au moins cela sous sa quille. Mais les anglais, toujours facétieux, avaient adopté un autre niveau de référence (celui du coefficient 95), ce qui a engendré parfois des situations scabreuses pour les capitaines inattentifs. Aux dernières nouvelles, ils sont rentrés dans le rang !

SI aujourd’hui les ordinateurs permettent de prévoir à 2 cm près la hauteur de la marée, on se méfiera quand même de la pression atmosphérique, du vent et des vagues qui peuvent modifier son niveau de plusieurs dizaines de centimètres avec des conséquences catastrophiques comme lors de la tempête Xynthia.

Les satellites, comme Topex Poséïdon rendant compte en direct de la hauteur de la mer, on s’est également aperçu que l’océan était tout sauf plat, à grande échelle. Les courants océaniques, qui brassent l’eau comme une cuillère dans un verre, créent des accumulations d’un côté et des creux de l’autre. La composition et l’épaisseur de la croûte terrestre jouent aussi un rôle sur l’attraction de la masse d’eau. Nos océans sont donc plein de trous et de bosses invisibles évidemment à l’échelle d’un navire.

Les marégraphes établis depuis près de deux siècles ont également permis une étrange découverte. Le niveau des mers monte. C’est que depuis quelques dizaines d’années que nous avons mis de phénomène en liaison avec le réchauffement climatique qui fait fondre les glaciers terrestres et dilater la masse d’eau. De 2 mm par an au siècle dernier, nous sommes passés à environ 3 en moyenne sur les 12 dernières années.

Quant aux altitudes terrestres, il leur fallait bien aussi un point de référence. C’est précisément le niveau moyen qu’à déterminé le marégraphe de Marseille entre 1885 et 1897… Pourquoi pas …

Evidemment, ce zéro géographique ne correspond pas au zéro hydrographique des marins … ça serait trop simple !

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