Estampe de bombardement à Port Arthur
Estampe de bombardement à Port Arthur © corbis / Bettmann
**Petit dossier « explosif » ce soir ; Eh, oui, depuis qu’en 1842 un brave américain a eu l’idée de larguer dans le Potomac, un baril de poudre avec un système de mise à feu en direction de la marine anglaise, les mines et autres explosifs ont, hélas, rendez-vos avec l’océan.** L’homme brillant par son ingéniosité, il a perfectionné l’engin et on trouve des mines de fond, flottantes , dérivantes, qui se déclenchent au contact d’une coque, mais aussi par influence magnétique de la masse d’un navire, par acoustique selon le bruit des hélices et du moteur, et même en analysant la variation de pression due au passage d’un bateau, mines dites à dépression. Beaucoup en Europe durant la première et la seconde guerre mondiale, mais aussi un peu partout dans le monde, tant la guerre ne fait pas de jaloux. Nombres de ces engins n’ont pas explosé et, comme à terre, quoique qu’un peu moins compte tenu de la fréquentation, elles peuvent faire des dégâts. En 2005, 3 pêcheurs sont morts en mer du Nord. Depuis la guerre, 617 démineurs sont également morts en action. Couvertes d' algues ou de corail, à demi immergées, baladées par les courants, mise à nu sur le sable par l’érosion, elles représentent bien entendu un danger pour le chalutier ou le promeneur. Mais ce sont aussi de redoutables sources de poisons : plomb, mercure, phosphore, TNT, ypérite et autre joyeux polluants sont largués lentement par ces engins qui se corrodent. En s’accumulant le long de la chaîne alimentaire, ils finissent par être toxiques pour les animaux supérieurs , dont …l’homme. Or le calcul de la dégradation dans l’eau de mer indique que pour les munitions larguées en 1945, c ‘est à partir de l’an 2000 que ces polluants vont être re-largués… le bal ne ferait donc que commencer. Ce qu’il faut dire, c’est qu’il n’y a pas en mer que les mines posées intentionnellement, il faut rajouter tous types de munitions perdues dans les naufrages, largués par les avions dont la mission était annulée et qui ne voulaient pas se poser avec leur dangereuse cargaison et … last but not least, toutes les munitions et armes immergées pour s ‘en débarrasser ! Eh, oui, que faire, des stocks d’obus, de mines, et autres non utilisées après les guerres ou touchées par l’obsolescence… les balancer à l’eau. C’est ainsi qu’un million de tonnes ont été déversées au large de l’Ecosse, 35000 tonnes en mer du Nord, mais aussi dans le Golfe de Gascogne, la Méditerranée ou la Manche. Le manège n’a cessé qu’en l’an 2000 à la suite d’une immersion ratée qui avait coûté la vie de 5 marins. A l’époque, on se souciait peu de pollution et on pensait que ces zones n’intéresseraient jamais les hommes. Erreur ! La pose d’un câble sous marin, le dragage, l’exploitation pétrolière, la pêche profonde, les travaux sous marins, sont maintenant sous la menace. 156 éoliennes qui devaient être implantées et créer des centaines d’emploi ont été retoquées devant Cayeux-sur-mer, pour cette raison. Avec des moyens de plus en plus sophistiqués comprenant onze navires et des drones sous marins, la Marine Nationale s’emploie à faire la chasse à ces intrus. Malheureusement, elle a encore du pain sur la planche. Et si vous voyez quelque chose de suspect sur une plage .. pas touche. Alertez les pompiers !
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