Je vous emmène pour des vacances de rêves aujourd’hui. Cap sur le Belize, petit pays d’Amérique centrale. Ah ! son soleil, ses plages, sa nature foisonnante. Sa côte fait partie de la plus grande barrière de corail des Amériques , un réseau de 7 réserves inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco. Le fameux Grand trou bleu , un entonnoir marin de 114m entouré de corail,

Une variété de forêts, de mangroves, de plages assure une biodiversité extraordinaire de 1400 espèces dont plus de 100 coraux différents , les rares dugongs, des animaux en dangers d’extinction comme les tortues marines, les requins baleines et j’en passe…

Merveilleux … mais… Reconnus par l’Unesco en 1996, ces sites ont été classés « sites en péril » en 2009et les choses s’aggravent . Avec l’explosion du tourisme, jusqu’au cœur du parc naturel on a vu fleurir des stations balnéaires pour lesquelleson a rasé la mangrove, bétonné le littoral, dragué les sédiments , affectant aujourd’hui 40 % des aires protégées.

Banc de poissons
Banc de poissons © GettyImage / Luiz Pires

Pour le terminal pour croisiériste de la Norvégian cruise line, on a réalisé des enrochements pour une plage artificielle au détriment du corail. Des projets de piste de formule 1 et d’aéroport ont prévu d’utiliser le sable local ; la déforestation et l’agriculture intensive répandent de la boue et des polluants qui obscurcissent les eaux et perturbent la vie marine. Du coup, les algues prolifèrent, envahissent le corail et consomment l’oxygène en se décomposant ; la pêche excessive des poissons carnivores favorise les herbivores qui pâturent le corail en excès ; ajoutez à cela des projets pétroliers offshore et un peu de réchauffement climatique et ce paradis a du souci à se faire .

Mais le Belize commence à considérer que le récif corallien lui apporte 15 % de sa richesse . La seule zone de la barrière rapporte 200 millions de dollars et 190 000 personnes en vivent directement.

Un moratoire temporaire a été décidé sur l’exploitation pétrolière , des demandes doivent être faites maintenant pour défricher la mangrove et draguer. Des promoteurs plus astucieux ont considéré que planter des palétuviers protégeait autant que du béton, attirait plus d’espèces sauvages et était plus esthétique. Bref que l’on pouvait concilier nature et revenu qui mobilise aussi mieux les populations locales. Certains ont même mis en réserves volontaires les 2/3 de leurs terrains, commencent à traiter les eaux usées et instauré des zones « sans sillage » comprenez sans moteur à toute vitesse.

L’association des industries du tourisme a même porté plainte à la Cour Suprême contre le terminal de la Norvegian cruise line. Ceci est bien, mais encore marginal.

Le Belize est à la croisée des chemins.Les lois peinent à suivre contre le développement d’activités préjudiciables . Les contrôles sont insuffisants et souvent trop tardifs.

Allez, le Belize, encore un effort ! le développement durable c’est de préserver ce formidable capital naturel et de le valoriser harmonieusement. Et nous, touristes, avons aussi notre mot à dire en choisissant des lieux et des activités qui vont dans le bon sens, ne serait-ce que pour pouvoir continuer à jouir des balades, et des plongées.

Repos au Belize
Repos au Belize © Getty Images / Image Source RF/Justin Lewis
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