Bonsoir Fabienne et bonsoir à tous!

Permettez moi Fabienne de m’adresser ce soir directement à notre réalisatrice commune et bien aimée, Michèle Billoud qui m’a interpellée l’autre jour à propos des farines animales pour nourrir le poisson d ‘élevage.

Remarque préliminaire la Commission Européenne a plutôt mal géré son annonce qu’elle autorisait à nouveau ces farines, en plein scandale du cheval devenu vache avec des relents de maladie de la vache folle. Deuxièmement l’incident est clos puisque le Président Hollande a déclaré qu’en France ça serait niet et que le plus gros aquaculteur a emboîté le pas en annonçant qu’il allait établir un label « sans produit animaux terrestre ».

Que proposait l’Europe ? que l’on autorise les farines de porcs ou de volaille ( pas de vache), de qualité consommable par l’homme, mais non commercialisée car bas morceaux peu goûtés ou d ‘aspect non conforme., nommés PAT pour protéines animales transformée.

Dans le camp des contre, ceux qui disent avec raison qu’on n’a jamais vu un poisson manger de poulet ou de cochon ; que le mélange de protéines est indistinct et qu’il sera difficile de distinguer de quel animal il s ‘agit rendant la fraude possible ; et que les produits de traitements animaux (comme les doses massives d’ antibiotiques des porcs) risquent de se retrouver dans le poisson que nous consommons.

Du coté des pour : on n’a jamais vu non plus de poisson manger du maïs ou du soja, ni des plumes de volailles, ou du sang d’animaux, ce qui est monnaie courante et parfaitement admis. Qu’après avoir vidé nos océans par une pêche excessive, plus de la moitié de la consommation de poisson mondiale vient de l’élevage et que pour assurer la pharamineuse augmentation de cette production, ( 35 % de plus en 10 ans ), il faut bien mettre en face des nutriments. Or la pêche minotière, qui consiste à ramasser tout et surtout des petits poissons pour les transformer en farine est une aberration quand ces produits pourraient être consommé par les humains ou attendre sagement de grandir au fond de l’eau pour atteindre une taille pêchable. Il faut entre 5 et 7 kg de poisson pour faire un kg de bar ou de saumon, c’est donc un gâchis écologique patent. Par ailleurs la plupart des poissons d ‘élevages sont des carnivores, le problème est donc plus la question de la traçabilité que celle des farines animales ou non. Enfin qu’en Europe 17 millions de tonnes par an de viandes de porc et de volaille sont directement jetés en sortant des abattoirs, car elles ne correspondent pas aux standards du marketing, même si elles sont aussi saines que celles que nous mangeons et qu’il y a là un gaspillage honteux. Et qu’enfin le prion de la vache folle n’a aucune chance de se retrouver dans les poissons disent les scientifiques .

Problème, les deux ont un peu raison. Si on avait une tracabilité parfaite et sûre, je préférerais personnellement manger du poisson élevé avec une part de ces farines, qu ‘avec du maïs ou du soja OGM comme c’est le cas actuellement.

Seule solution, manger moins de poissons ( les français en mangent deux fois plus que la moyenne mondiale) , préférer les animaux sauvages et herbivores, les poissons de saison et de proximité. Plusieurs associations vous proposent des guides de conso et pour l’élevage, le bio existe aussi.

Allez bon appétit à vous Fabienne et Michèle, le poisson c ‘ est si bon pour la santé.

Bonne semaine à tous.

L'équipe

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