Il y a un bon nombre d’anciens coureurs de course au large qui ont versé dans des activités à tendance écologiques, c’es sans doute la fréquentation bien comprise de la nature qui veut cela : Elen mac Arthur et sa fondation, Catherine Chabaud, Yannick Bestaven et .. Yves Parlier.

Yves, contre qui j’ai eu souvent le plaisir de me battre, surnommé « l’ingénieur », dans le milieu, non seulement pour sa formation, mais sa propension à inventer en permanence de nouveaux systèmes.

Yves donc, depuis 2008 s’est lancé dans un beau défi : faire avancer les navires grâce à des kite surfs. L’idée n’est pas tout à fait nouvelle, la société allemande Skysails a été pionnière et commercialise des équipements, mais compte tenu de l’enjeu, il y a de la place pour les innovations. SI l’on compte que 90 % du commerce mondial se fait par mer et qu’il est prévu que le transport maritime double d’ici 2020, un système qui économiserait 20 % ( d’après es concepteurs) de carburant serait forcément bienvenu. Cela représenterait une économie de près d ‘un million de dollars par voyage vers l’Asie. Le kite surf agit en effet de deux manière : il est propulseur mais aussi il allège le navire par une traction vers le haut qui pourrait être sensible sur des bateaux de petite taille comme des navires se rendant sur des lieux de pêche ou des voiliers. Bon, ne nous emballons pas trop vite. Il faut pour déployer un kite des vents suffisamment constants, ce qui n’est pas le cas partout, des systèmes sûrs et pratiques pour déployer et ramasser l’engin, un personnel formé, et … un prix d’implantation qui ne soit pas trop dissuasif, surtout en ces périodes où la baisse du prix du pétrole n’encourage pas aux économies d ‘énergie. Mettons que tous les utilisateurs de la mer, et en particulier les cargos qui sont de gros émetteurs auront à cœur de faire baisser leurs rejets en oxydes de carbone, de nitrates et de soufre qui empoisonnent la planète et son climat.

Yves a donc monté sa start up : beyond the sea ( au delà de la mer … pour les francophones …). Après de multiples efforts, elle rencontre un certain succès grâce à des partenariats avec des écoles d ‘ingénieurs, un bon nombre de fabricants et surtout la CMA CGM, fleuron de nos transporteur maritime et troisième armateur mondial. UN essai grandeur nature est prévu pour 2018 sur un de leur cargo avec un kite de 1600 m2.. une paille !

Car entre temps, il y a encore bien des problèmes à résoudre. Une chose est de ramener entre Madère et les Canaries, le voilier Akena, démâté lors de la dernière Jacques Vabre, à coup de kite ; une autre est de déployer l’affaire à échelle industrielle. Un partenariat avec l’Ademe, sur le volet « navire du futur » va, cette année, aider notre ami Yves à construire un prototype qui devrait naviguer au printemps. Des essais ont été réalisés sur un navire de pêche. Yves nous a souvent étonné en course au large, souhaitons qu’il continue dans ce projet.

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