L’âge d’or des cartes marines
L’âge d’or des cartes marines © radio-france
Il fut un temps où ce sont les marins qui inventaient le monde. Ils partaient à l’aventure, derrière l’horizon, sans la moindre idée de ce qui les attendait. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, grâce à ce formidable instrument que sont les cartes. Mais comment sont-elles nées ? Comment l’homme a-t-il réussi à partager son savoir, et à permettre à d’autres d’aller sur les mêmes traces ? C’est une très belle exposition de la bibliothèque nationale de France qui retrace ce parcours. La F rance peut s’enorgueillir d ‘avoir la plus complète collection au monde de cartes et portulans anciens. C’était dommage de les laisser dormir dans les réserves. Le spectacle est déjà pour l’œil. Les portulans en peaux montrent des côtes, mais aussi des animaux, des hommes, des villes, des paysages, magnifiquement coloriés et parfois rehaussés d ‘or. Car une carte était un bien précieux, le point d ‘un savoir, souvent destiné aux monarques et dont la divulgation pouvait conduire à la mort. Il arrivait souvent qu’on n’emporte pas à bord un bien si précieux, on le consultait avant de partir, ce qui nous a sans doute permis d’en sauver tant. Une carte racontait une histoire, celle des marins, leurs étonnements ou leurs peurs devant des bêtes jugées fantastiques, des hommes à la peau colorée vêtus de peaux de bêtes ou de tissus précieux, leurs curiosité ou leurs jalousies devant des palais, des forêts, des fleuves sans fin. Un peu à la manière d ‘une bande dessinée, la carte vous tient par la main et vous emmène en voyage. Mais cette exposition reflète aussi la formidable avancée de la découverte et du savoir. Comment peu à peu, la civilisation européenne s’est représentée le monde. A la fin du 13ème siècle et sans doute aux deux extrémités du monde, on invente des moyens de repérage sur l’eau. Les polynésiens construisent des entrelacs de lignes de raphia figurant les houles et de coquillages représentant les îles ; les méditerranéens passent par le dessin. Peu à peu, du moyen âge jusqu’au siècle des Lumières, on suivra les progrès de l’homme de plus en plus loin : Europe, Afrique, océan indien, Amérique, jusqu’aux confins de l’Océanie ou de l’Antarctique. C’est encore l’histoire des techniques de navigation. On fait figurer l’observation, d’aimables angelots soufflent les vents dominants, on dessine les oiseaux ou les mammifères marins rencontrés et qui signalent la proximité d‘une terre. On peint des bateaux ballottés dans les remous pour indiquer les courants. Avec l’invention du compas, la carte se couvre d’une toile d’araignée de directions où il suffisait de reporter sa progression pour estimer sa position. Puis viennent les latitudes et enfin les longitudes, dernier bastion qui sera pris en inventant des horloges précises joliment appelées garde temps. En ces temps de grisaille automnale, voila un beau voyage, qui peut se faire en allant à la [grande bibliothèque](http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_expositions/f.age_dor_cartes_marines.html) jusqu’au 27 janvier et même par internet pour les non parisiens le site est extrêmement bien fait. Bon voyage !....
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