Attention ça va barder dans le Grand Sud !

J’avais déjà eu l’occasion de vous entretenir de Paul Watson, le charismatique leader de Sea Sheperd, une organisation de défense de la faune marine. Dans le paysage écolo, Watson fait figure de dur. Il a été a la création de greenpeace et de sa stratégie d’interposition entre les baleines et les chasseurs, puis a quitté cette organisation qu’il jugeait trop molle, pour créer son propre groupe. Depuis 9 ans, il mène des actions plus que musclées en Antarctique pour mener la vie dure aux baleiniers japonais, au point que parmi les révélations de Wikileaks un message du gouvernement japonais enjoignait les USA de supprimer le statut de fondation à Sea Sheperd pour leur couper les vivres.

Les baleines, comme on le sait sont depuis 1986 normalement protégées par un moratoire, mais le Japon et dans une moindre mesure la Norvège ont obtenu des dérogations pour des pêches soi disant scientifiques. L’argument ne trompe personne. Nul besoin d’éventrer les baleines de nos jours pour les étudier, mais le prix du sushi dans les restaurants de Tokyo explique bien des choses. Et puis la Commission Baleinière Internationale fonctionne sous le régime d’un pays, une voix. Rien de plus facile que de généreusement construire un hôpital ou le palais du gouvernement pour obtenir l’indulgence des petits états caraïbes, par exemple. Bref, depuis l’instauration du moratoire, ce ne sont pas moins de 22 700 mammifères marins qui ont succombés. Comble des combles, la majorité de la pêche japonaise s’effectue dans les eaux de l’Antarctique qui sont normalement un sanctuaire.

Le harcèlement de Sea Sheperd a été particulièrement efficace ces deux dernières années. Sur un quotas de 1000 baleines que les japonais s ‘étaient auto attribué, il n’ont pu en capturer que 266 en 2010 et 172 en 2011 ; occasionnant une perte de 20 millions de dollars. Cet argument, plus encore que la réprobation internationale aurait pu être décisif, mais l’industrie de la pêche a réussi à se faire attribuer une subvention de 30 millions de dollars pris sur les fonds de dédommagement du tsunami. La presse japonaise a assez mal réagi à cette annonce et cela va de pair avec la mentalité qui évolue dans la population, puisque 89 % des gens disent ne plus acheter de sushi de baleine, un met considéré pourtant comme traditionnel.

L’année s ‘annonce donc comme stratégique pour voir qui des baleines ou des pêcheurs vont l’emporter. D’un coté 4 gros navires japonais ont appareillé à la fin de l’année pour l’antarctique, de l’autre Watson aligne une flotte jamais vu, 4 navire, 1 hélicoptère et 3 drônes.

Dernier épisode, les japonais ont obtenu d’un juge américain que les navires de Sea Sheperd n’aient pas le droit de s’approcher à moins de 500 m des baleiniers, mais que vaut ce jugement dans des eaux internationales avec des navires et des équipages non américains.

D’ici le mois de mars, c’est donc dans les glaces et les brumes du Grand Sud que se joue le sort des mammifères marins, car si rien ne s’opposait aux chasseurs, il est fortement à craindre qu’une pêche si rentable ne finisse par avoir raison à la Commission Baleinière et que la chasse ne puisse reprendre officiellement.

Je vous tiendrais au courant de la bataille et il serait temps que nous laissions enfin en paix ces magnifiques animaux, indispensables à nos océans.

Allez bon WE à tous et vivent les baleines. !

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