Je vous parlais l’autre jours des dangers particuliers que fait courir le réchauffement climatique dans les îles. Mais d ‘autres problèmes menacent ces écosystèmes fragiles ce sont les espèces introduites ; Au cours des temps et souvent avec l’arrivée de l’homme, certains animaux ont joué les passagers clandestins. C ‘est particulièrement le cas des rats et des souris qui infestaient les navires d'antan. Ou des animaux introduits volontairement : moutons, cochons, chèvres et même rennes que l’on laissait sur les îles pour pouvoir chasser la fois suivante. La plupart des îles, isolées des continents depuis longtemps ne connaissaient pas les mammifères terrestres. Les oiseaux, comme c‘est le cas dans les îles sub-antarctiques nichent à terre et sont donc très vulnérable en période de reproduction. Les rats, en particulier peuvent se mettre à pulluler croquant les poussins l’été et revenant à un régime herbivore l’hiver. Amener des chats pour manger les rats a été plus destructeur encore. Les chats ont trouvé les pétrels bien plus facile à chasser que les rats ! Quand on lit des descriptions de Saint Paul et Amsterdam dans les 40èmes Sud, on voit qu’au 19ème des centaines de milliers d’oiseaux les peuplaient, c’est loin d ‘être le cas aujourd’hui. En analysant les ossements, les chercheurs pensent que 50 % des espèces qui y étaient présentes ont disparues.

Depuis quelques décennies, l’homme tente de remédier à la situation en éradiquant les intrus. Pas facile, il faut disséminer un poison sélectif dans des endroits au relief tourmenté plusieurs années de suite et ne laisser pas une femelle gravide sous peine d’échec. La France l’a fait à Saint Paul infesté de près de 100 000 rats, pour sauver cet oiseau rare, le prion de Mac Gillivray. Avec succès. Les oiseaux qui s‘étaient réfugié dans un caillou au large sont revenus. A Amsterdam ce sont les vaches amenées au début du XX ème siècle dont il a fallu se défaire car leur piétinement empêchait le très rare albatros d ‘Amsterdam de nicher. Cela n’a pas fait plaisir à tout le monde, en particulier aux hivernants qui s ‘étaient attachés à ces bêtes et accessoirement en appréciaient la viande garantie bio. Exit aussi les moutons et les mouflons de Kerguelen suspectés de détruire une plante rare l’azorelle. En Géorgie du Sud, on envisage la fin des rennes amenés par les baleiniers, mais auparavant on a entrepris d’en transférer une partie aux îles Falkland pour essayer d ‘en faire l’élevage. Le célèbre Jérôme Poncet a même fait du transport sur son voilier transformé en étable, je vous laisse imaginer …

Toujours en Géorgie, les anglais viennent de s’attaquer aux rats. Ils pensent en avoir tué près d’un million et une autre coûteuse campagne par hélicoptère sera encore nécessaire. C’est à ce jour la plus grande campagne de ce type.

Au total près de 1200 campagnes d’éradication aurait déjà eu lieu dans 760 îles de par le monde.

Parfois ça marche. Parfois non. Car en éradiquant un prédateur on peut en favorise un autre. On enlève les rats, les lapins pullulent comme l’ont constaté les australiens dans leur île de Macquarie. Bref pas si simple, une fois que l’écosystème est modifié de revenir à l’état antérieur. Certains scientifique préconisent même de ne plus toucher à rien et de laisser un nouvel équilibre s’instaurer entre les espèces. Possible mais ce serait forcément au détriment des espèces autochtones, or les îles sont justement précieuses pour leur biodiversité autochtone.

L'équipe
(ré)écouter Les récits d'Isabelle Autissier Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.