Allez, encore quelques jours pour choisir le cadeau du voileux de la famille. Et zut ! Vous n’avez rien trouvé au salon Nautique qui vient de finir ou pas eu le temps d ‘y aller. J’espère vous sauver la mise, il y a encore une solution ; le très beau livre de Gilles Martin Raget. Photographe de classe internationale, quand on est marin c ‘est quasiment un honneur d ‘être photographié par lui et l’assurance de beaux clichés. Tout simplement parce que Gilles et marin et régatier depuis autant de temps qu’il est photographe c’est à dire plus de 30 ans.

Autant dire qu’il a accompagné la voile mondiale sous toutes ses formes : des jeux olympiques aux maxi yachts, du Vendée Globe à la belle plaisance, de la coupe de l’América aux mouillages de rêves. En feuilletant le livre on a l’impression de voir sa vie de marin défiler. Un photographe c ‘est un œil, mais pas n’importe lequel. C’est ce sens des formes et des volumes, des couleurs ou du noir et blanc, des instantanés dans l’action ou des photos posées comme des tableaux. Les hordes de dériveurs plus tassés que des sardines sur une ligne de départ, les multicoques volants au dessus des vagues, l’élégance absolue des vieux gréements à Saint Tropez, les mouillages translucides, les hommes courant à la manœuvre. Ce livre est une sorte de best off de ces 30 ans de mer et Gilles l’accompagne de petits textes instructifs ;

Premièrement sur la délicate position du photographe où, plus qu’ailleurs qu’il soit à bord, dans une vedette où un hélicoptère, il faut anticiper, surtout de pas gêner les marins à l’œuvre, être capable d évoluer même sous une lance à incendie d’embruns, ne rien exiger de personne et … réussir des clichés d’anthologie.

Deuxième remarque sur le fait que les deux métiers, marins et photographes ont évolués en parallèle. Le photographe doit aujourd’hui à la fois appuyer sur le déclencheur, retraiter la photo sur son ordinateur et la vendre, le tout quasi instantanément, là où c’étaient des métiers spécialisés et dont le travail s’étalaient dans le temps. Au même moment, les courses de plus en plus courtes, la chasse aux coûts amènent à réduire les équipages et exiger de chaque coureur qu’il devienne homme d‘affaire, journaliste et technicien, tout à la fois . En attendant qu’un jour des bateaux téléguidés soient photographiés par des drônes. ? … ouf, nous n’en sommes pas encore là.

Troisièmement, son analyse est intéressante quand il explique qu’outre l’aspect visuel, on lui demande de plus en plus des photos spectaculaires, mettant en valeur la puissance ou la technologie des engins … et oui, la voile n’échappe pas à la communication.

Bref, un beau livre, intelligent, ça peut faire un beau cadeau, intelligent ;

Dans la série cadeau, j’espère que l’année prochaine on pourra se délecter d’un bel ouvrage ( s’il paraît) du travail de Maud Bernos avec ses gueules de marins, une série baptisée « blue eyes » , mais en attendant on peut en voir une partie sur internet .

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