La force de Coriolis

J’ai découvertla force de Coriolis vers l’âge de 12 ans. Non pas parce que j’étais un crack en mathématiques, mais parce que je me passionnais déjà pour la navigation et il n’y a pas de domaine où le concept développé par ce brave Gaspard Gustave Coriolis au début du 19ème siècle, n’ait autant de conséquences. Les marins du 15ème siècle, constatant que les vents faisaient une boucle en tournant vers la droite dans l’atlantique nord, avaient eu l’intuition d’un mouvement inverse, vers la gauche en arrivant dans l’atlantique sud. Sur la route des Indes, ils se laissaient ainsi porter vers le Brésil, par les alizés, puis ramener vers le cap de Bonne Espérance pour pénétrer dans l’océan Indien.

Coriolis
Coriolis © Radio France

Sans entrer dans les détails, la force de Coriolis est une force dite fictive, due à la rotation de la terre. D’autant plus forte que le mouvement est rapide, elle est maximale aux pôles et nulle à l’équateur . Il lui faut un certain temps pour s’exercer, raison pour laquelle elle influence les masses d’air et d’eau à l’échelle terrestre, mais, contrairement à la légende, pas le sens de l’écoulement de l’eau dans votre lavabo qui dépend plutôt de la géométrie dudit lavabo.

L’atmosphère, pour faire simple, est mis en mouvement par les différences de températures, par exemple entre les pôles et l’équateur. Un vent se crée qui va des zones de fortes pressions à celles de basse pression. Au passage la force de Coriolis dévie le mouvement perpendiculairement. Ajoutez à cela un zeste de force de frottement et vous obtenez le fait que dans une dépression le vent suit les isobares (les lignes d’égale pression) en rentrant légèrement vers l’intérieur de la basse pression. Évidemment mouvement inverse s’il s’agit d’un anticyclone d’où les vents semblent s’échapper. Vous me suivez ?

Vous connaissez tous les cartes météo où les dépressions figurent comme une série de cercles concentriques et bien voilà, vous êtes maintenant capable de prédire la direction du vent : il suit le cercle en tournant vers la droite dans l’hémisphère sud et vers la gauche dans l’hémisphère nord, en rentrant un peu dans le centre du cercle. Quant à la force de ce vent, elle est grossièrement proportionnelle au resserrement des cercles. Les passionnés trouveront des tables pour la calculer en fonction de la latitude.

Le même genre de mouvement agite les masses d’eau, engendrant les grands courants océaniques auxquels les marins ont aussi fort à faire.

Ces considérations très physiques et mathématiques ont eu de grandes conséquences sur la vie des hommes. Elles ont déterminé les trajets maritimes, à l’époque où les lents navires à voiles devaient impérativement en tenir compte. Elles ont influencé la route des découvreurs et des commerçants. A cause ou grâce à elles, des peuples sont entrés en contact où au contraire restés à l’écart plus longtemps, des routes commerciales sont nées et, aujourd’hui encore, les voiliers de plaisance n’empruntent pas n’importe quel trajet.

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