une température record de -93°c dans l'antarctique
une température record de -93°c dans l'antarctique © reuters
**C’est une mauvaise nouvelle qui est tombée récemment. La CCLAMAR n’a pas entériné la création d’aires marines protégées en Antarctique. Les organisations environnementalistes fulminent : « jour noir pour l’Antarctique », « interférence _« des intérêts économiques et politiques dans la protection des océans pour le bien des générations futures »._** _Autrement dit des affaires de gros sous ont bloqué ce qui aurait pu être une belle avancée. Sous le vocable barbare de CCLAMAR, c ‘est la réunion de 24 états pour la gestion des ressources marines vivantes de ce grand continent qui se décide. C’est la troisième fois qu’une coalition États-Unis, Nouvelle Zélande, France, Allemagne et Australie tentaient de protéger ces zones froides si fragiles qui rassemblent plus de 1600 espèces, du krill à la baleine._ Le projet était d’envergure : 1,5 millions de km, 2 dans la mer de Ross en face de l’Australie et autant découpé en 7 zones sur le reste du pourtour du continent blanc. Les pays pro protection avaient convaincu la presque totalité des états mais la Russie, la Chine et l’Ukraine s’y sont fermement opposés. L’ensemble des ressources marines s ‘épuisant, on va chercher le poisson de plus en plus profond et de plus en plus loin. De ce point de vue les mers quasi vierges de l’antarctique sont une manne à laquelle ces pays pêcheurs ne sont pas près de renoncer. On avait pourtant tenté de négocier cet été en réduisant les zones, mais rien n’y a fait. Le ministre de Nouvelle Zélande, où s’est tenue la réunion fatale a fait contre mauvaise fortune bon cœur annonçant que le consensus progressait et que l’on remettrait une proposition sur la table la prochaine fois à l’automne 2014.
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une température record de -93°c dans l'antarctique © reuters
Ce qui se cache aussi sous cette intransigeance c’est la volonté qui commence à s’afficher d’aller exploiter les ressources minières de l’Antarctique que l’on sait immenses. Normalement protégés par le traité du même nom re-signé jusqu’en 2041, ces territoires et les mers adjacentes sont fermées à toute intrusion. seul endroit du monde géré de manière internationale avec intelligence et respect, une exception vertueuse à la rapacité qui détruit aujourd’hui la planète. Mais ce traité ne repose que sur la bonne volonté et le consensus. La Russie a annoncé qu’elle s’autoriserait à prospecter. Bien sur, quand ce traité avait été élaboré, à la fin des années 50 on ne possédait pas les technologies pour s’attaquer à ces lieux hostiles pour l’homme. C’est maintenant chose possible. Cette porte entrouverte serait vite poussée par d’autres. C’est pourquoi il faut suivre de près ces négociations pour que le continent blanc reste ce que le traité avait si joliment défini comme : «une terre de science et de paix », d ‘ailleurs on aimerait bien cela sur toute la planète…. Je ne manquerais donc pas de continuer à m’enquérir de ces négociations et à vous tenir au courant. La mobilisation publique pourrait avoir son mot à dire. Alors, je n’aurai qu’un mot : vive l’Antarctique et qu’on le laisse en paix. Allez, bon Week-end malgré cela et bonne semaine à tous.
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