A l’heure où je vous parle ce n’est pas tout à fait gagné, mais … presque, les néo zélandais sont en bonne voie pour remporter la coupe de l’america 34 ème du nom.

Avant même sa fin et pour la première fois, tout le monde est d ‘accord pour dire qu’un tournant est en train de se prendre. Vous savez bien, la coupe de l’américa ce sont les voiliers les plus technologiques du moment, bardés de carbone et d’électronique, les stars mondiales de la régate, tous champions du monde ou champions olympiques, de chicaneries juridiques invraisemblables qui alimentent les chroniques et surtout les millions de dollars dépensés par les plus fortunés de notre planète. Tout cela pour se disputer une affreuse timbale qui n’a pour elle que d ‘être le plus vieux trophée sportif du monde. (136 ans le vieux !)

Au fil des éditions on a fait de plus en plus impressionnant et de plus en plus cher. Aujourd’hui, les catamarans font 22 mètres de long, les mâts 40 mètres de haut, les voiles sont en forme d’aile rigide, équipiers casqués et plus protégés que des joueurs de base-ball. Grâce à cela, les bateau volent littéralement au dessus des flots jusqu’à des vitesse de 90 km / h quand vous vous satisfaisiez de 15 sur votre bateau personnel. Avec des budget allant de 80 à 150 millions de dollars, cela nous met quand même le km/h entre 800 000 et 1,5 million.

Cette démesure n’a pas eu que des avantages. Elle a considérablement réduit le nombre de participants de 10 à 12 en temps normal on est passé à 4. Et encore on a frôlé la catastrophe quand les bateaux ont commencé à naviguer, enchaînant les problèmes, la casse et les chavirages. Bris de matériel ce n’est pas grave, mais le 9 mai, le voilier suédois se retourne entraînant la mort d’Andrew Simpson, ex médaillé olympique.

The show must go on. La coupe a sorti le grand jeu. Dans la sublime baie de San Francisco, on enchaîne des parcours réduits pour être plus intense, on fait débauche de caméras embarquées, de simulations, et de productions audiovisuelles. On a sorti le grand jeu de la communication et malgré cela, l’intérêt du public est à la peine. Est ce que par hasard trop ne serait pas trop ?

C’est apparemment ce que pense les néo zélandais, qui ont déjà annoncé que s’ils l’emportaient, ils reviendraient à un format plus raisonnable. Car la particularité de cette épreuve, c ‘est que le vainqueur fixe les règles du jeu de l’édition suivante. Le type de bateau et le lieu de la compétition. Et bien sûr, les équipes des favoris commencent à plancher en secret sur la suite avant même d’avoir amené le pot au lait à bon port. Des navires moins grands avec moins d ‘équipiers, car voyez vous les comptables s’étant aperçus que 50% du budget passant en masse salariale, il était temps de trancher dans les effectifs, version maritime du dégraissage de mammouth.

Voilà qui va faire plaisir aux anglais, espagnols, coréens, australiens, chinois et autres français que l’addition avait laissé à la porte. Enfin pour ce qui concerne la France qui, avec son expertise en multicoque aurait du être présente cette fois-ci, je suggère fortement que l’on arrête de faire 3 projets concurrents qui sont tous restés le bec dans l’eau salée et que l’on essaye pour une fois de s’unir. On peut toujours rêver …

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