Les bonnes nouvelles

Je vous ai promis l’autre jour des bonnes nouvelles de la mer et un exemple d’aire marine protégée réussie. Je vous emmène donc en voyage du côté de Tubbataha en mer de Sulu … que votre grande connaissance géographique situe bien entre les Philippines et la Malaisie.

Dans cet atoll de rêve, les techniques de pêche reposaient sur la dynamite ou le cyanure. Certes, très efficace pour capturer le poisson mais aussi pour détruire le corail et toute vie dans les fonds marins. Résultat, cela n’allait pas fort du côté des pêcheurs. Une fois n’est pas coutume, les Philippines ont pris le taureau par les écailles…. En créant un parc naturel en 1988 aux exigences draconiennes : interdiction de pêcher et lutte contre les captures illégales.

Souvent ces initiatives sont dites parc de papier, tant leur gestion est faible, mais là on a en 98 de crée, une instance de gestion associant réellement, les pêcheurs, les autorités, les clubs de plongée, les ONG et les communautés locales.

Moralité les stocks de populations marines ont bondi de 65 t par km 2 à 278 t 2011, soit 7 fois plus que dans le reste des Philippines. Autour du parc les captures des pêcheurs sont passées de 5 kg par jour à 13, 5 kg, car le poisson n’a pas de frontière, évidemment. 100, espèces de poissons, des raies manta, des raies guitares, des requins des tortues, tout ce beau monde prolifère. Les pêcheurs réclament des réserves supplémentaires et adoptent des engins de pêche moins destructeurs.

Le nombre de touristes attiré par ce qui est devenu le plus beau lieu de plongée du pays a été multiplié par 3. Les droits d’entrée de 100 dollars payés par les touristes sert à faire vivre le parc et ses gardiens et une partie sont reversés aux pêcheurs. Cela leur a permis de financer des activités de diversification comme la fabrication de vinaigre de noix de coco ou la culture d’algues.

Moralité de la moralité, les revenus des familles de pêcheurs ont été multipliés par 5 entre 2007 et 2015.

Une étude plus générale indique que, lors de la création d’une aire marine protégée, au bout de 5 ans, les revenus excèdent les coûts, pour la collectivité, dans un rapport de 3 à 20, selon la complexité des lieux.

Tout ceci est bien intéressant car il est urgent de démontrer que l’on n’oppose pas protection de la biodiversité et développement économique. La où la vie foisonne, les populations locales peuvent rester vivre sur place au lieu de pourrir dans les bidonvilles ou prendre les chemins de l’exil.

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