Les baleines pourront-elles continuer à chanter ?
Les baleines pourront-elles continuer à chanter ? © Achim Raschka
Léger petit coup de gueule ce soir, contre nos amis norvégiens. Je dis amis car en général les pays nordiques sont les champions du respect de l’environnement terrestre comme marin. Mais cette saison 2014, les chasseurs norvégiens ont harponné **729 cétacés, contre 590 en 2013** , chiffre qui était déjà en forte hausse par rapport à 2012. Alors quoi les Norvégiens, à quoi jouez-vous ? Que la Norvège ait eu des réticences quand le moratoire sur la chasse à la baleine a été voté en 1986 arguant de traditions séculaires, soit. Mais ce n’était pas une raison pour se remettre à les capturer dès 1993. Une tradition c‘est bien, mais c’est fait pour évoluer, sinon nous nous baladerions encore en robes longues et en charrettes. D’autant que dans les siècles passés, la pénurie alimentaire pouvait justifier de tirer sur tout ce qui bouge. Le niveau de vie actuel des Norvégiens, tant mieux pour eux, les mets à l’abri du besoin. Certes, leur chasse cible le rorqual de Minke qui n’est pas classé en « danger critique d‘extinction » par l’UICN (l’Union pour la Conservation de la nature), mais seulement en « préoccupation mineure ». Plus répandue, sans doute plus opportuniste dans son alimentation et surtout beaucoup plus petite donc moins intéressante pour la chasse, elle s’en tire mieux que ses consœurs. Mais franchement est-ce là une bonne raison ? Les chasseurs norvégiens se plaignent en plus qu’ils n’arrivent pas remplir le quota de 1 286 qu’ils se sont votés. Figurez-vous que ces idiots de consommateurs n’aiment plus trop en manger, que les baleines sont loin et que cela coûte cher en carburant. « Il faut reconstruire le marché », explique sérieusement M. Hauglang, directeur adjoint de la coopérative de pêche, comme s’il parlait d’une unité de production de chaussettes. Bon, remarquez que la Norvège est accompagnée d’un autre pays que l’on imagine porté à la défense de l’environnement : l’Islande où, à grands coups de subventions publiques, on a chassé plus de 800 animaux. Un abruti a même imaginé une « bière viking » incorporant de la viande de baleine. Les pauvres vikings doivent se retourner dans leurs tumulus devant ce marketing d’un crétinisme consommé. Comme le Groenland a obtenu de la commission baleinière cette année le droit de chasser 200 animaux (droit qu’ils avaient déjà largement devancé) et que les japonais, après avoir dit qu’ils arrêtaient leur chasse soi-disant scientifique nous expliquent maintenant qu’ils ont de nouveaux projets pour 2014/2015, les massacres ont encore de beaux jours devant eux. Est-ce qu’on ne pourrait pas foutre la paix à ces animaux une fois pour toute ? Est-ce que la seule solution n’est pas de nous mobiliser encore et encore pour que cesse, tout simplement la consommation. Cette chasse est inutile d ‘un point de vue alimentaire, déficitaire économiquement, injustifiable au regard des coupes sombres que les hommes ont déjà taillé dans les populations de cétacés. Cette chronique n’est qu’une goutte d’eau que j’adresse solennellement aux norvégiens, islandais, groenlandais et japonais : arrêtez ces pratiques d’un autre âge. Si vous voulez gagner de l’argent avec les baleines, emmenez respectueusement les gens les admirer, qui sait, vous y prendrez peut être aussi goût. … Je n’aurai qu’un mot : vivent les baleines !
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