OFNI, vous connaissez, non pas OVNI, qui se rait le véhicule des petits hommes verts, mais OFNI : objets flottants non identifiés.

Ils ont récemment refait parler d’eux, puisque durant le Vendée Globe, pas moins de 5 concurrents en ont subi les effets. ; Jérémy Beyou, puis Vincent Riou défoncent leur bateau et doivent abandonner, Bernard Stamm endommage son hydrogénérateur, sa seule source d‘énergie, abandon aussi ; Alex Tomson et Tanguy Delamotte auront plus de chance ils arriveront à réparer respectivement leur safran et leur dérivé.

Mais à coté de ces marins médiatisés, on ne compte pas le nombre d’autres voiliers endommagés parfois jusqu’à couler. Car croyez moi quand vous percutez un container de plusieurs dizaines de tonnes, ça fait bobo. Une économie de plus en plus mondialisée ,c ‘est de plus en plus de cargos sur la mer ; 80 de ce que nous consommons y transite. 100 millions de « boites » voguent tous les ans. Sur ce total, on estime que de 1000 à 15 000 se perdent … ça fait une marge ! Et celui qui tombe à l’eau ne coule pas forcément, % pourraient flotter encore quelques semaines, car les bougres sont bien étanches. Et pourquoi tombent ils à l’eau ? Erreur humaine, mauvais outillage de saisie, allez voir quelques photos sur le site de « robin des bois » l’ONG qui s ‘intéresse aux déchets, il y a des photos qui pourraient être hilarantes. C’est aussi la tempête, les immenses vagues qu’elle génère, capable d’attendre la rangée de container du haut, à plus de 25 mètres, parfois aussi, le chargement déséquilibré obligent le commandant à larguer des containers pour ne pas sombrer. Bref les raison de manquent pas. Mais beaucoup d ‘autres objets sont à ranger dans les OFNI : troncs d ‘arbres, icebergs, bouées dérivantes, ou encore frigidaires ou machines à laver. Après le tsunami japonais des milliers de gros déchets de ce genre ont traversé le pacifique et se sont échoués aux USA. Je pourrais rajouter baleine profondément endormie, comme celle avec qui je suis entrée en collision dans mon dernier tour du monde.

Que faire ? Pas grand chose malheureusement. L’Ifremer est en train de tester un programme informatique pour évaluer la dérive des containers en fonction de leur taille et de leur charge. Mais encore faut il que les cargo signalent leurs pertes. L’entreprise Safran teste une mini caméra à infrarouge à mettre en tête de mât pour voir ce qui se passe devant. Mais le danger est souvent à demi immergé. Aucun radar à l’heure actuelle ne peut « voir » dans cette couche d ‘eau superficielle pleine des bulles qui brouillent les ondes. Une veille humaine attentive détectera ce qui flotte uniquement de jour et s’il n’y a pas trop de brouillard … bref le cierge à Saint Brendan, le patron des marins, doit faire à peut près le même effet.

Marins, il ne vous reste qu’à prévoir et même si le pire n’est pas toujours sûr, le double de boulons de quille, un safran de secours, une balise de détresse, une bon radeau de survie et un sac de secours, vous permettront peut être de minimiser les dégâts ou de sauver votre équipage.

Allez, je ne veux pas vous affoler, la plaisance reste une activité très peu dangereuse….

Bonne navigation !

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