Les aérosols

Les gaz à effets de serre on commence à les connaître, CO2, méthane, vapeur d’eau. Je ne vais pas vous en refaire la liste n’y chanter leurs bienfaits. Je me suis intéressée aujourd’hui à une famille moins connue qui influence le climat de notre bonne planète : les aérosols.

Quezaco ? Beaucoup de choses différentes : les embruns, les poussières charriées par les vents, des gaz comme le sulfure de diméthyle produits par le plancton et pas mal d’autres produits par les activités humaines et surtout industrielles. L’influence de ces aérosols sur le climat n’est pas tant due à leur quantité qu’à leur nature et leur disposition à réagir dans l’atmosphère et à la modifier. Une bonne partie d’entre eux, notamment les suies des navires ou des industries ne sont pas très favorables. Ils renferment des produits plus ou moins toxiques pour l’environnement. Mais aussi, entraînés par les vents de haute altitude, ils se dirigent fréquemment vers les pôles et se déposent sur la glace ou leur couleur sombre induit de la fusion et contribue ainsi au réchauffement climatique. De terribles photos montrent des étendues considérables de glaces noires sur le sommet de la calotte groenlandaise, par exemple.

J’en retiendrais un autre que je trouve bien intéressant : le sulfure de diméthyle. Quand tout va bien, bonne température, bonne nourriture, pas trop de polluants, le plancton se développe. Il absorbe du CO2, ce qui nous arrange, rejette de l’oxygène, ce qui nous arrange aussi et du fameux sulfure de diméthyle. Lequel, dans l’air se transforme en micro gouttelettes d’acide sulfurique, qui ont, figurez-vous un rôle dans la formation des nuages. Sans ces sortes de noyaux de condensation, les particules d’eau ne s’agrègent pas. Pas de plancton, pas ou peu de nuages. Or les nuages, surtout lorsqu’ils sont bas et lourds, chargé de ces gouttelettes, renvoient l’énergie dans l’atmosphère et limite le réchauffement climatique.

On a longtemps pensé que le phytoplancton, puisque ce sont des végétaux, était favorisé par du CO2 en quantité. On avait oublié l’acidification. En laboratoire, une eau de mer plus acide induit un moindre relâchement de ce sulfure de diméthyle par le plancton. Si on extrapole les résultats expérimentaux à l’océan tout entier et que l’on incorpore le tout aux équations climatiques,… vous me suivez …. le réchauffement climatique pourrait être supérieur de 0,23 à 0 ,48 °C, ce qui serait considérable. Restons prudent quant à une telle extrapolation, mais reconnaissons que ces minuscules organismes ont un rôle que l’on découvre toujours plus important dans la chaîne de la vie comme dans la stabilité du climat. « Etonnant, non ! » .

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