Nomade des mers

Commençons donc l’année en parlant d’un avenir souriant ! Je vous avais déjà entretenu de ce personnage intéressant :Corentin de Chatelperron qui a re développé l’intérêt pour le jute au Bangladesh en construisant un voilier avec lequel il avait rallié la France, histoire de prouver que cela marchait. Corentin a de la suite dans les idées. Sur le thème des innovations écologiques, il a conçu un projet participatif consistant en la construction d’un catamaran qui fera durant 3 ans un tour du monde et sur lequel il se fait fort d’accueillir toutes les low tech possibles. Par low tech entendez des systèmes peu coûteux, peu énergivores mais très utiles. Pour le moment on y trouve pêle-mêle éoliennes et panneaux solaires, toilettes sèches, hydrogénérateur qui fournit l’électricité par la seule avancée du bateau, cela c’est du classique, mais plus étrange une culture d’insectes pour la consommation, un poulailler, un pédalier pour produire du courant, un digesteur de plastique, des cultures hydroponiques, une serre, un four solaire et j’en passe…

Le but est d’être le plus autonome possible et de n’avoir aucun déchets, en validant ces expérimentations par le quotidien d‘un navire en mer.

Les quinze escales du voilier, baptisé, « Nomade des mers » sont chacune dédiée à faire la promotion d’une innovation allant des biocomposites à Concarneau, aux biogaz en Inde, en passant par le recyclage de l’aluminium à Madagascar ou la culture des insectes en Thaïlande.

Fort de son dernier succès, Corentin a trouvé des partenaires institutionnels ou économiques pour abonder à sa grande œuvre. Ensuite les participants au grand voyage seront bénévoles. Inventeurs de tous poils, vous êtes donc sollicités et si vous avez peur du mal de mer, vous pouvez aussi participer à la plate- forme internet sur laquelle sont bienvenus vos idées, textes, schémas, films, chats… le tout sur la base du volontariat et de la gratuité. Votre projet doit répondre à un besoin humain de base ( alimentation, fourniture d‘eau ou de matière première, recyclage, etc…) utilisant les ressources locales disponibles pour tous. Car partant du constat que 90 % des chercheurs du monde travaillent à des solutions pour 10 % de pays riches, Corentin se fait fort d’inverser cette tendance.

Utopique me direz-vous. Une histoire de bobos et de savants cousins en goguette. Peut être, mais pourquoi pas ? Dans une époque où l’on vous serine que tout est impossible et qu’un conformisme mondialisé est notre seul avenir, voilà des gens qui ne se résignent pas. Cela fait du bien et qui sait, au vu des succès passés, si Corentin ne va pas gagner, au moins en partie, son pari. En tout cas, moi, je vais suivre cela de près. 2016 doit être l’année du grand départ, je ne peux que leur souhaiter que les vents de l’innovation les accompagnent.

Vous les retrouverez sur leur site nomadedesmers.org, leur page facebook, bien sûr et sur un certain nombre de médias comme Arte et je vous tiens au courant, bien sûr.

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