Bateaux du futur en lin ou pomme de terre !
Bateaux du futur en lin ou pomme de terre ! © Maxppp
Vous connaissez les sacs en amidon de maïs recyclables. Que diriez-vous de naviguer sur un bateau construit en lin et en pomme de terre ou alors en maïs et en chanvre ? Pas très rassurée ? Vous avez tort, cela existe déjà. Le trimaran Gwalaz d’un peu plus de 7 mètres porte déjà trois amateurs de surf du coté de îles Salomon. Avec une âme en balsa et en liège, il est en fibre de lin et résine en partie biosourcée, c’est une première européenne. L’initiative en revient à Roland Joudain, ex marin de course au large, bien connu que l’on a retrouvé plusieurs fois au départ du Vendée Globe., comme quoi on peut être un fan de vitesse et se préoccuper d’économie durable. Depuis 2009, avec sa société Kaïros, Roland, dit Bilou, s’intéresse à ces technologies qui permettent de remplacer les produits issus du pétrole par des matériaux biologiques. Pour faire un navire ou tout autre pièce en composite, il faut une âme, un tissu et une résine. Les âmes en balsa ou en liège sont déjà assez couramment utilisées ; Pour la fibre, tout ou presque est tissu de verre. Or ce tissu demande 5 à 10 fois plus d'énergie à fabriquer que lorsque l’on prend des plantes, en particulier le lin et le chanvre qui ont de bonnes propriétés de tissage. Si vous voyez de jolis champs bleus en Normandie, sachez que ces plantes vont peut être voguer un jour ! Mises au point en fabricant des planches de surf ou des paddles, ces fibres sont maintenant prêts pour des pièces plus importantes comme des coques. Attention aujourd’hui, cette fibre est 4 fois plus cher que le tissu de verre classique, ramené à un bateau entier, c’est encore un surcoût de 25%, mais en développant de nouvelles machines à tisser cela doit pouvoir s’arranger. Ces nouveaux tissus ont, bien sûr des avantages et des inconvénients, plus souples et plus légers, ils encaissent mieux les vibrations, les chocs et ont de meilleures capacité thermiques et acoustiques. La fibre végétale, infiniment moins agressive pour la peau et les poumons c’est aussi plus de sécurité pour les travailleurs. Enfin le recyclage en fin de vie est grandement facilité. Par contre, pour le moment, gare aux coups qui mettraient le tissu à nu, sans être rapidement réparé. Il risque de gonfler avec l’eau de mer et de se dégrader. Une résine totalement biosourcée aujourd’hui n’existe pas , mais il est possible de remplacer jusqu’à 50 % de sa composition par des amidons de soja, de maïs, de pomme de terre et même des résidus de sucrerie. Ces résines plus exigeantes quand aux conditions de température et d’humidité ont aussi des avantages comme d’être meilleurs pare-feus. Erwan Grossman, au sein de la société de Roland set responsable du projet dit Combios, pour explorer et faire avances ces recherches en collaboration avec IFREMER et l’université de Bretagne Sud. Déjà des industriels de différents horizons s ‘y intéressent pour construire des canalisation d’aération, du mobilier et même des coffrets de produits de beauté. Erwan le dit lui même : « le plastique c ‘est fantastique, on n’est sans doute pas près de remplacer la fibre de carbone, raison de plus pour l’économiser en inventant autre chose de moins gourmand, une façon de décarboner l’économie ». Il y a encore de travail , de la recherche et vous pouvez suivre tout cela sur [http://www.explore-jourdain.com](http://www.explore-jourdain.com "le site de Roland Jourdain") Allez bon vent aux bateaux en lin !
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