Aller vite à la voile, ce n’est pas un rêve nouveau.

Pendant longtemps il s ‘agissait d’être le premier à vendre son poisson et plus tard son thé au meilleur prix, ou de prendre une supériorité dans les batailles navales. Depuis le 19 ème siècle, avec la voile d ‘agrément, est apparu la régate, version nautique de la course de char. Car l’homme est ainsi fait, en tous cas l’homme occidental qu’il lui faut toujours aller plus haut, plus vite ,plus loin… parait il .

Le premier a avoir institué une forme homologuée de record est le voilier Velox, le bien nommé qui atteignit 17 nœuds en 1875, plus rapide qu’un paquebot de l’époque, mais la vitesse potentielle d’un bon catamaran de croisière actuel. Malgré de réels efforts de technologie, on était encore bien loin des simples catamarans polynésiens pour qui 20 nœuds n’était pas invraisemblable.

Depuis une trentaine d’année, le record de vitesse à la voile est devenu pour certains un Graal aussi enviable qu’un Vendée Globe ou une médaille olympique. Au point que la Fédération internationale de voile a fixé des règles. On court sur 500 mètres ou sur un mile nautique, en présence d’un chronométreur officiel . La technologie s’en est mêlé aussi et dans tous les coins de la planète ont fleuri toutes les formes de navires à hune , deux ou trois coques, avec voiles rigides, balestrons, foils et tout ce que vous pouvez imaginer, amenant souvent …. à de spectaculaires chavirages.

En 2008, c ‘est un français ( cocorrico), Sebastien Cattelan, qui passe en planche à voile la barre symbolique des 50 nœuds . bien sûr on ne navigue pas n’importe où : il faut un vent fort et régulier et une mer calme pour ces engins fragiles qui ne sont souvent capable que d’avancer dans un seul sens. Le canal des Sainte Marie de la Mer et maintenant Lüderitz en Namibie sont les terrains de jeu appropriés.

Le 24 novembre dernier, l’australien Paul Larsen à bord de Vestas Sailrocket2 a pulvérisé le record en atteignant sur 500 m 65,45 nœuds soit la vitesse stupéfiante de 121,06 km /h. A cette vitesse ce n’est plus que cela décoiffe , c’est la mort assurée du pilote s’il heurte l’eau devenue comme du béton . Son engin ne ressemble que peu à un bateau : c’est une sorte de cigare effilé de 12 mètres de long, muni c’un cockpit genre avion de combat, monté sur trois patins, un bras perpendiculaire de 12 mètres également permet de déporter une aile rigide de et le tout est sustenté par un foil que tout le monde dit magique et qui permet au bateau de sortir quasiment entièrement de l’eau.

Certes, personne sauf Mister Larsen ne naviguera jamais sur un tel engin, mais la qualité de la recherche en hydrodynamique devient impressionnante. A ce niveau, on ne perfectionne plus des choses qui marchent, on est dans l’innovation et le concept. Qui sait ou cela nous mènera.

En tous cas chapeau au Sailrocket et à son team d’ingénieurs et a qui le tour ?

Allez, bon WE et n’allez pas trop vite … en rentrant chez vous ce soir !

Bonne semaine à tous.

L'équipe
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