El Nino

De l’influence de l’océan sur les maladies infectieuses. Eh, oui ! Je case l’océan partout, me direz-vous. Mais ce sont les scientifiques qui le disent. L’hiver 2015/2016 a vu un épisode particulièrement fort d’ El Nino. El Nino, le « petit Jésus » parce qu’il apparaît vers Noël est un réchauffement des eaux du Pacifique centre est au niveau de l’équateur. Il a lieu tous les 3 à 7 ans, mais sévit de manière de plus en plus violente en raison du réchauffement climatique. Celui de cette année est sans doute plus fort que l’épisode 1997/1998, qui était lui-même le plus important jamais enregistré. El Nino affecte le climat sur toute la planète, provoquant des épisodes de sécheresse et de chaleur intense comme en Afrique australe et au contraire des pluies diluviennes au Pérou, Equateur, sud du Brésil, Paraguay, mais aussi l’est de l’Afrique et une partie de l’Asie. Plus de pluie signifie plus de mares et d’eaux stagnantes favorisant les moustiques porteurs de la dengue, du chikungungna, du Zika, de la fièvre jaune. Mais entraîne fréquemment le débordement des systèmes d’assainissement, des latrines qui contaminent les eaux fluviales provoquant des diarrhées, souvent mortelles chez les enfants ou le choléra. D’autant que, dans le déluge, les routes deviennent impraticables et les systèmes de santé inatteignables et débordés. L’excès de sécheresse et de chaleur n’est pas non plus une bonne nouvelle. Bon nombre de virus et de bactéries sont favorisés par une hausse de la température, tout comme les moustiques qui se reproduisent plus vite. Les sécheresses entraînent des malnutritions qui tuent ou pénalisent pour leur vie entière des enfants dans de nombreux pays du monde, les rendant plus fragiles et sensibles aux maladies ou tuent leurs parents et désorganisent les familles.

Bref ce sont des millions de personnes et particulièrement les jeunes qui souffrent et périssent à l’heure actuelle des conséquences de quelques petits degrés de trop des océans.

El Nino de 19987/1998 avait doublé les cas de diarrhées au Pérou et rendu directement responsable du décès de 23 000 personnes dans le monde. L’Organisation Mondiale de la Santé annonce 60 millions de personnes à risque divers pour cette année.

Evidemment, les plantes et les animaux domestiques ou sauvages souffrent également, renforçant la malnutrition ou le déclin des écosystèmes naturels fragilisés par ailleurs.

Que faire ? A part tenter d’alerter sur l’arrivée du phénomène et renforcer les moyens de surveillance médicale et de soins ainsi que l’aide alimentaire. ON ne refroidit par l’océan. Mais c’est bien évidemment une raison de plus pour lutter contre le réchauffement climatique qui favorise ces épisode de Nino. Et la bonne nouvelle c’est que cela, nous y pouvons tous un peu quelque chose… un peu multiplié par 7 milliards…

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