Notre ministre de l’Environnement Ségolène Royal est allée récemment en Martinique célébrer les bienfaits de l’autonomie énergétique sur les îles. C’est vrai qu’une île est l’endroit le plus indiqué pour ce faire, car en général, elles sont dépourvues de pétrole, de gaz, de charbon ou d’uranium, les classiques énergétiques. Cela coûte donc cher de s’approvisionner, oblige à des transports longs et complexes et rend les habitants très dépendants.

en martinique, ségolène royal salue un projet de centrale en mer
en martinique, ségolène royal salue un projet de centrale en mer © reuters

Pourtant elles ont toutes des vagues, du vent, de la houle et pour une bonne partie d’entre elles du soleil et des mers chaudes. De petites îles se sont donc déjà attaquées au problème. La pionnière est sans conteste Hierro aux Canaries qui devrait devenir la première île habitée 100% énergie renouvelable. Profitant d’un vent quasi permanent, des éoliennes produisent du courant et remontent de l’eau dans un vaste bassin à 700 mètres d ‘altitude. En cas de panne de vent, cette eau est turbinée.

Un peu partout dans le monde, les îles servent de laboratoire. En Grèce, Ikaria (tout un programme, Icare étant celui qui amena le feu aux hommes dans la légende grecque !), s ‘équipe d ‘un système similaire à celui de Hierro, en Angleterre, la célèbre île de Wight mise sur le solaire (mais oui !) et sur un projet d’utilisation des courants marins parmi les plus forts d ‘Europe. Jeju en Corée, Barnholm au Danemark, et j’en passe mettent en place des démonstrateurs de tous poils.

En France, les dossiers avancent lentement. Les îles du Ponant, dans l’Ouest de la Bretagne, ont quelques problèmes avec les sites classés pour implanter des installations. A La Réunion, après un démarrage en fanfare en 2009, les projets d’autonomie énergétique pour 2030 battent un peu de l’aile. Toutefois un démonstrateur d’énergie thermique des mers fonctionne à terre. La Corse rêve d’être une terre de solaire, de vent et d’hydro électricité, cette dernière soulevant malgré tout des problèmes en barrant sur des rivières sauvages.

Dernier projet en date, donc La Martinique, avec le soutien de l’Union Européenne, a formé un projet de centrale flottante d’énergie thermique des mers. Rappelons que ce système consiste à utiliser la différence de température entre l’eau de surface à 25 ° et celle des grandes profondeurs à 5° pour faire tourner des turbines.

L’océan reçoit chaque année du soleil l’équivalent de 1000 fois la demande mondiale en énergie primaire. Cette énergie se transforme en chaleur, en vagues, en courants, et si nous arrivions à en récupérer quelques miettes, notre autonomie énergétique augmenterait aussi vite que diminuerait notre empreinte carbone. Attention, en regardant de près les expériences réussies dans les îles, on s ‘aperçoit qu’il s ‘agit d’efforts de longue haleine, commençant par apprendre à faire des économies, puis en cherchant des techniques adaptées, avec imagination et suivi financier….alors îles françaises ne désespérez pas, on vous souhaite de la constance pour nous montrer le chemin.

Allez, vive les îles pionnières !

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