Alors voilà, imaginez que vous êtes ce soir dans un mouillage de rêve, un ciel tout rose, une mer calme et violette, seul le bruit des palmiers qui froufroutent, quand soudain …votre conjoint ou conjointe vous fait remarquer qu’il est plus que temps de démarrer le moteur pour fournir de l’électricité au frigo dans lequel les bières sont sûrement en train de réchauffer. Vroum, vroum ! Adieu, calme mouillage ; ce jour-là , vous vous promettez de passer au solaire !

Vous avez déjà réfléchi et arbitré entre le vent et le soleil. Une éolienne à bord fait encore du bruit quand elle tourne, il faut s’en occuper et l’immobiliser encas de vents forts, un cordage ou des cheveux peuvent toujours se prendre dedans. Vive le soleil, donc !

Je vous dit tout de suite qu’il ne faut pas faire de calcul économique. Quelques dizaines de litres de gasoil économisés ne compenseront jamais votre investissement car personne, comme EDF à terre, ne rachète votre courant en surplus. Mais votre tranquillité n’a pas de prix.

Ensuite il vous faudra entrer dans la jungle des sigles et des appellation, entre monocristallins et polycristallins, les puissance maximales, les énergies espérées, les puissances commerciales, les watts, les intensités, les voltages…..Mieux vaut avoir fait une solide école d ‘ingénieur que de commerce.

Ensuite vous considérerez le pont de votre bateau. Je vous conseille d ‘en réaliser une maquette avec un projecteur figurant le soleil que vous ferez tourner autour. Car, bien sûr, un panneau solaire ne débite absolument pas la même chose selon que les rayons sont bien perpendiculaires et qu’aucun cordage, mât ou voile ne fait de l’ombre, qu’en cas contraire. Mais il faut aussi tenir compte de la gîte qui va modifier l’incidence du soleil … sauf bien entendu si vous naviguez sur un multicoque. Vous remarquerez, concomitamment que votre pont est tout sauf plat et que les endroits pour caser vos précieux panneaux ne sont pas légions. Encore un petit effort financier et vous vous doterez de panneaux souples.

Attention ! A trop marcher sur un panneau solaire et encore plus à y faire tomber toutes sortes d ‘instruments que l’on manipule à bord vous allez les endommager.

Ah ! Mais j’oubliais que l’échauffement d’un panneau est catastrophique pour son rendement. Il serait donc judicieux de les installer en ménageant une circulation d ‘air dessous. Par exemple en les montant sur des glissières qui, en plus d ‘être disgracieuses vont être le premier endroit où vont se coincer toutes sortes de cordages risquant à leur tour d’arracher vos précieux panneaux. Vous voilà donc contraints de faire ajouter à l’arrière de votre fier navire un portique pour poser votre installation à l’abri. Pas trop haut quand même, n’oubliez pas que vous devrez l’escalader régulièrement pour nettoyer les cellules photovoltaïques que le sel ternit. A ce stade, vous commencez à vous demander si vous n’aimez pas la bière tiède !

Courage ! Le bateau « planet solar » de plus de 30 mètres de long a fait un tour du monde entièrement mu par ses 537 m2 de panneaux solaires pour prouver que c’est possible. Arrêtez d ‘être grincheux et de me dire que votre beau voilier ne ressemble en rien à ce porte avion pour cellules photovoltaïques, cassez votre tire lire ou buvez de la bière tiède !

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