Tortue luth
Tortue luth © © Frans Lanting/Corbis
Bonne nouvelle en provenance de la mer, aujourd’hui, elle concerne la tortue luth, Dermochelys coriacea de son petit nom. La plus grosse des tortues actuelles, elle pèse 500 kg et atteint près de 2 mètres à l’âge adulte, mais avait du souci à se faire. Bien sûr elle peut vivre jusqu’à 50 ans et une femelle pond près de 1000 œufs, mais elle a bien des ennemis. Tout le monde a vu ces images. La maman tortue monte à marée haute sur les plages pondre et enfouir ses œufs et 60 jours plus tard les bébés se hâtent de regagner l’océan mais au passage, les oiseaux veillent et se délectent de ce met de choix. Une à deux d’entre elles arriveront à maturité. Ça c’est la nature. Mais, pour son malheur, ses écailles servent aussi à confectionner des bijoux, sa chair, même si elle est en partie toxique se consomme encore en particulier ses œufs. Consommer de la tortue est supposé avoir des vertus thérapeutiques. Grande voyageuse, elle parcourt des milliers de kilomètres et celle de Guyane vient par exemple l’été chez moi, dans les pertuis charentais, au passage la guette les filets et chaluts. Enfin elle adore faire sa pitance de méduses, ce qui est une très bonne idée puisque celles-ci pullulent, mais rien de ressemble plus à une méduse qu’un sac en plastique qui lui occasionne des occlusions intestinales mortelles. Enfin l’artificialisation du littoral les prive de leurs lieux de reproduction. Pendant longtemps la tortue luth a donc été classée par l’UICN en danger d’extinction. Sous l’influence des organisations de protection de l’environnement, la contre attaque s’est organisée depuis au moins 15 ans. Tout d’abord la connaissance : répertorier les sites de ponte, équiper les animaux de balises satellites pour comprendre leurs déplacements, expertiser les raisons de son déclin. Phase deux : agir. depuis de nombreuses années associations et bénévoles se sont relayées sur les plages au moment de la ponte, pour éviter le braconnage et la mortalité par les oiseaux , mais plus important peut-être sensibiliser les populations locales à sa protection en leur démontrant qu’une tortue vivante vaut mieux qu’une tortue morte, grâce à l’écotourisme. Un pas important a aussi été accompli en proposant aux pêcheurs de crevettes de nouveaux chaluts équipés de sorties de secours pour les gros animaux. Tout bénéfice : plus de tortues ou de requins capturés, un chalut moins difficile à traîner, des crevettes qui ne sont plus écrasées. L’état a aussi volé à son secours en interdisant sa capture et son commerce et en établissant des aires protégées sur ses lieux de pontes. Et ça marche, en tous cas pour la sous population de l’atlantique qui montre des signes des récupération et dont le statut UICN est passé de « vulnérable » à « préoccupation mineure ». Un beau succès pour tous les amoureux de ce paisible animal, par ailleurs indispensable à l’écosystème marin. Attention, ne pas relâcher son effort, le résultat est encore fragile. Dans le reste du monde, malheureusement son statut reste « vulnérable » et nombre de spécialistes prédisent sa disparition dans le pacifique. A moins que ce qui a été fait en Guyane peut être fait ailleurs. Alors, vivent les tortues luth, et n’oubliez pas, un sac en plastique est mieux dans votre poubelle que dans l’estomac d’une tortue.
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