On part dans la région la plus sauvage de la planète… on part en Antarctique !

Raté…encore raté … il n’y aura pas de nouvelles aires marines protégées en antarctique. Depuis des lustres la France, l’Australie, la Nouvelle Zélande, les USA et j’en passe insistent pour que l’on crée dans le grand sud ces zones indispensables à la survie de la faune marine. Malheureusement c’est la 5 ème années que la docte assemblée dite CCAMLR, qui régit ces zones se heurte au refus de certains pays.

Les deux projets sur la table sont l’aire protégée de la mer de Ross, cette immense échancrure face à l’Australie, avec 1,5 million de km2, et un groupe de 4 autres dans l’Est de l’antarctique, pour 1 million de km 2. On considère ces zones comme les derniers écosystèmes marins intacts de la planète. On y croise 10 000 espèces uniques , comme des baleines, calamars géants, phoques et autres manchots.

Petite avancées cette année, la Chine a accepté le principe de l’AMP de mer de Ross. Mais la Russie s ‘y oppose toujours, or les règles de la CCAMLR exigent qu’il n’y ait aucun veto.

Que craignent donc les pays qui s’y opposent ? Dans une aire marine, les hommes ne sont pas exclus. Ils peuvent y faire du tourisme, dans certains cas même y pêcher, mais les règles sont très strictes et la bonne santé des écosystèmes est l’enjeu prioritaire. Cela induira donc forcément la réduction les droits de pêche. Or côté poisson, la légine se vend plus cher que le cabillaud, le poisson des glaces, moins prisé, fournit une protéine bon marché pour les plats cuisinés et surtout le krill, cette microscopique crevette, est plébiscité comme farine à destination des élevages de poissons… paradoxe, pour nourrir des poisson, on est en train d’en affamer d’autres, car le krill est la base de toute la chaîne alimentaire australe.

Les optimistes diront que l’on va dans le bon sens, car la Russie aurait « accepté d’entamer les discussions » en vue de l’année prochaine. Les pessimistes considèrent que la CCAMLR, qui s ‘est engagé à créer ces Aires marines depuis 2012 se discrédite.

A l’heure où le dérèglement climatique est plus que jamais à l’ordre du jour, des écosystèmes protégés sont pourtant un atout pour l’absorption des gaz à effets de serre par l’immense écosystème antarctique ; Partout dans le monde, les annonces de création d’AMP se succèdent. Les états commençant à analyser que des océans en bonne santé sont indispensables à leurs concitoyens. Pire, la CCAMLR a échoué à prendre des mesures pour superviser la pêche. Et encore pire, la Russie avait déclaré il y a deux ans qu’elle ne s ‘interdirait pas de dénoncer le Traité sur l’antarctique qui interdit toute exploitation minière si ses intérêts étaient en jeu ! Dans l’endroit le plus sauvage de la planète, on n’y arrive pas s’entendre pour le gérer durablement…cherchez l’erreur !

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