Bonsoir Fabienne et bonsoir à tous,

Ce n’est pas votre invité Eric Karsenti qui me contredirait, l’océan et les mécènes, c’est une grande histoire. Si la grande goélette Tara a pu effectuer trois ans de tour du monde à la recherche du plancton marin c’est en grande partie grâce à son propriétaire Etienne Bourgois, actuel patron d’Agnès B, l’entreprise de vêtements fondée par sa mère Agnès Troublé. Ce faisant la famille renouait avec une longue tradition qui a fait florès, particulièrement en Europe.

Les connaisseurs se souviennent du duc des Abruzzes, fils d’un éphémère roi d’Espagne. Marin et alpiniste, il effectua entre la fin du 19ème et le début du 20 ème siècle deux tours du monde, de nombreuses ascensions très techniques et mena une expédition de découverte dans l’archipel russe de François Joseph alors quasi inconnu. A cette occasion, il battit le grand Nansen en s’approchant du pôle nord jusqu’à 86 ° 33 et perdit quelques doigts à cette occasion.

Au même moment un autre noble fortuné, le belge Adrien de Gerlache, après avoir exploré la Péninsule Antarctique se retrouvait prisonnier des glaces et effectuait à son corps défendant le premier hivernage humain dans le Grand Sud. Changeant de pôle, il prit ensuite part à trois expéditions arctiques en compagnie du duc d’Orléans.

A la même époque, du côté du Rocher, Albert 1er de Monaco, sera surnommé « le prince savant » et appliquera en grande partie à l’océan cette soif de connaissance. A bord de l’Hirondelle , puis de la princesse Alice , il mènera de nombreuses expéditions océanographiques et cartographiques, puis créera, pour abriter et valoriser ses collections, le Musée Océanographique de Monaco et son pendant, plus modeste, de la rue Saint Jacques à Paris.

La France va s’enorgueillir aussi de son marin mécène en la personne de Jean Baptiste Charcot, le « Gentleman des pôles » qui investira une partie de sa fortune dans une suite de navires avec lesquels il sillonnera du Groenland à l’Antarctique à la tête de sa horde de savants. C’est d’ailleurs à bord de son plus célèbre navire, le Pourquoi Pas qu’il trouvera la mort au cours d’une tempête en 1936.

Après la seconde guerre, on aurait pu croire la veine des mécènes de la mer tarie, quand trois hommes ont coup sur coup resurgi en Europe. Le Prince Albert 2, digne héritier de son aïeul, finançant nombre de projets de protection des mers et de leurs habitants ; le moins connu Frédérik Paulsen, spécialiste de la sauvegarde des régions polaires et donc notre Etienne Bourgois national. Courant sans doute moins les mers eux même que leurs illustres prédécesseurs, ils sont souvent un maillon essentiel permettant le démarrage de projets, mêlant recherche publique, privée et ONG. Sans tirer à eux la couverture médiatique, nombre d’acteurs de la recherche et de l’environnement peuvent les remercier…. Et la mer aussi !

Alors, ma chère Fabienne, souhaitons-leur de …..continuer !

Bonne semaine à tous.

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