Donc, puisque vous parlez des grands singes, ma Chère Fabienne, je me suis dit que j’allais vous donner de l’écho en parlant des mammifères marins et j’ai choisi la baleine. Et pas n’importe laquelle, je vais vous donner des nouvelles de Baleanae mysticetus, de son nom familier la baleine boréale qui habite donc, comme son nom l’indique dans l’hémisphère nord et même le très grand nord. Elle y est d’ailleurs bien adaptée. Par exemple elle n’a pas de nageoire dorsale … on imagine que c’est pour éviter de la coincer dans la glace quand elle circule sous la banquise, ce qui doit faire très mal ! Elle possède aussi une tête solide et massive, qui lui permet de casser jusqu’à 60 cm de glace, pour faire surface. Elle présente une grosse couche de graisse de près de 50 cm, qui a fait son malheur en la rendant tellement intéressante pour les chasseurs, d’autant plus que c’est une énorme bête, 15 à 18 mètres de long pour 75 à 100 tonnes de poids la seconde en taille après la baleine bleue. Autre particularité qui faisait son intérêt, au temps des corsets, ses nombreux fanons de plus de 4 mètres de long. Mais non contente d’être attirante pour sa graisse et ses fanons, la baleine boréale nage lentement et flotte après sa mort. Tout ceci en a fait une prise de choix à partir du 16ème siècle, en particulier quand les chasseurs ont investi le Spitzberg.

Bref, après avoir été quasiment décimée, la baleine boréale est protégée depuis 1937 et seuls quelques spécimens peuvent être chassés par les Inuits. Malgré cela et surtout à cause de son faible taux de reproduction, les stocks peinent à se reconstituer et il n’y en aurait que 20 000 dans le monde, principalement dans le grand nord canadien. De nouveaux dangers les guettent, les collisions et les bruit sous-marins dus aux navires de plus en plus nombreux dans l’arctique, le réchauffement climatique qui fait disparaître la glace qui leur est indispensable, ou la pollution que les empoisonne à petit feu.

SI je vous raconte tout cela ce n’est pas juste pour la leçon de chose mais parce que très récemment, Balenae Mysticetus a bien intéressé les chercheurs qui ont entrepris de tenter de greffer certains de ses gènes ….. à des souris ! Non pas pour fabriquer une souris de 100 tonnes sachant nager mais à cause de l’extrême longévité de cette baleine, une des plus longues du règne animal. En 2007, un chasseur d’Alaska a capturé une baleine ayant, fiché dans sa graisse un projectile datant de 1879. Cette longévité( on parle de près de 200 ans) va de pair avec une excellente résistance au cancer. En analysant son génome pour percer cette double caractéristique, les scientifiques ont repéré des aptitudes génétiques à lutter contre la dégénérescence de l’ADN, donc à se préserver du vieillissement, des maladies dégénératives, cardiovasculaires et …..du cancer. …

Tout aussi tôt on s’est pris à rêver d’introduire chez l’homme quelques-uns de ces gènes bienfaisants? Et, pour ne pas jouer les apprentis sorciers, on commence par les souris pour voir !

Avouez qu’en protégeant cet animal en 1937, nul n’avait pensé qu’elle pourrait nous rendre de tels services.

L'équipe
Mots-clés :
(ré)écouter Les récits d'Isabelle Autissier Voir plus
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.