la génétique des populations iliennes

S’il y a bien un endroit où la génétique des populations humaines s’exprime ce sont les îles. Quand vous êtes par exemple citoyen de Tristan da Cunha, perdu au milieu de l’atlantique austral où, depuis 1810, ne résident que sept familles, la consanguinité n’est pas loin. Plus encore l’île de Pitcairn qui ne compte que 57 habitants tous descendants des célèbres révoltés du Bounty. On prête d’ailleurs à certaines tribus iliennes du Pacifique la préscience de ces problèmes qui les aurait conduit, dans les siècles passés, à laisser sur le rivage quelques femmes destinées à croiser les races et régénérer l’hérédité, en cas de débarquements intempestifs d’étrangers. Cela est peut -être une légende destinée à expliquer quelques entorses aux règlements matrimoniaux !

En tout cas, il est bien vrai que l’isolement génétique des îles, doublé de petites populations a des conséquences. Ainsi les 250 habitants de Pingelap, îlot de Micronésie a subi un cyclone en 1775, à la suite duquel la population, particulièrement mâle, a été décimée. Les louables efforts du roi Mwahuele ont permis un nouveau dynamisme démographique, mais porteur d’une étrange maladie oculaire qui leur fait voir la vie en noir et blanc et redouter la pleine lumière du soleil.

L’archipel des Tonga, lui, a décidé de monnayer cet isolement génétique en offrant contre rétribution des droits exclusifs à une société australienne de prélever et d’étudier ledit patrimoine génétique. Ces études visent à détecter si la présence d’un gène de génération en génération, est lié à la prévalence d’une maladie comme le diabète, le cancer, l’obésité ou l’hypertension.

Mais la génétique de ces peuples iliens fait grandement aussi avancer l’histoire. Enfin il est prouvé que l’Australie et la Papouasie Nouvelle Guinée ont été peuplées par un seul et même groupe et en une seule fois ; fermant la porte à la théorie des vagues successives d’immigration.

Mieux encore les natifs de la célèbre île de Pâques présentent clairement des gènes d’origine amérindienne. Une partie de ces gènes présente, de plus, des phénomènes de recombinaison de souches polynésiennes et américaines, rares et lents à se produire, indiquant qu’il s’agit vraisemblablement d’un phénomène antérieur à la découverte de l’île par les Européens en 1722. Ceci permet de déduire que les Pascuans commerçaient avec le continent, mais pas de savoir qui des deux a découvert l’autre. La génétique ne peut pas tout expliquer, quand même !

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