La sociologue, et romancière, Kaoutar Harchi travaille sur les arts et la culture. Elle interroge les rapports entre la langue et la nation, et pointe l'ambivalence avec laquelle la communauté littéraire reconnaît les écrivains francophones. Suffit-il d’écrire en français pour être reconnu comme un écrivain français ?

L'auteur marocaine Kaoutar Harchi lors du Salon du livre
L'auteur marocaine Kaoutar Harchi lors du Salon du livre © Maxppp / Gaël Dupret

Qu’est ce qui sépare "le français" du "francophone" dans la communauté littéraire française ?

Kaoutar Harchi est docteure en sociologie à l'Université Sorbonne nouvelle, rattachée au Cerlis (Centre de Recherche sur les Liens Sociaux). Egalement enseignante à Sciences Po en sociologie des arts et de la culture et chercheuse post-doctorante au département de recherche du musée du Quai Branly.  Auteur de Je n'ai qu'une langue, ce n'est pas la mienne paru en 2016 (éditions Pauvert),  d'après sa thèse de sociologie. Dirigée par Bruno Péquignot à l'université Sorbonne Nouvelle, cette dernière portait sur les conditions et modalités de reconnaissance littéraire des écrivains étrangers de langue française, en France, à partir du cas algérien (1945-2015).  

Assia Djebar, Kateb Yacine, Rachid Boudjedra, Boualem Sansal et Kamel Daoud : Kaoutar Harchi dénonce les résidus coloniaux qui persistent dans l'acceptation de ces écrivains au sein de la communauté littéraire française. 

Elle prépare aujourd'hui un récit à partir d'enquêtes menées dans des maisons d'arrêt du Nord de la France sur la question de la lecture et de l'écriture en prison. 

Kaoutar Harchi et Lauren Bastide lors de l'enregistrement de l'émission
Kaoutar Harchi et Lauren Bastide lors de l'enregistrement de l'émission © Radio France / Perrine Malinge

LIVRES

Je n'ai qu'une langue, ce n'est pas la mienne (Pauvert, 2016)  Suffit-il d'écrire dans la langue de Molière pour être reconnu comme un "écrivain français" ? Retraçant les carrières de cinq écrivains algériens de langue française, l'auteure révèle qu'en plus de devoir affronter de multiples épreuves, la reconnaissance littéraire accordée aux écrivains étrangers est rarement pleine et entière. Des critères extra-littéraires entrent largement en compte.

Ses romans L'Ampleur du saccage (2011) et A l'Origine notre père obscur (2014) sont publiés par les éditions Actes Sud

DISQUES

  • JAIN, "Alright"
  • M.I.A, "Bad girls"
  • Camille, "Langue"
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