Elle (Fabienne Chauvière) est venue à France Inter ce matin et elle espère qu’Eric Delvaux va apprécier sa chronique. Parler avec soi-même ou de soi-même à la troisième personne a un nom : l'illéisme.

Parler de soi à la 3ème personne, comme Alain Delon, pourrait nous aider à prendre de bonnes décisions.
Parler de soi à la 3ème personne, comme Alain Delon, pourrait nous aider à prendre de bonnes décisions. © Getty / Francesco Carta fotografo

Pour Albert Moukheiber, docteur en neurosciences, et psychologue cette pratique présente quelques avantages.

Parler de soi à la troisième personne, ce n’est pas exactement prendre du recul, c’est se voir différemment, comme si vous examiniez le cas d’une autre personne. C’est converser, de façon distanciée avec soi-même. On ressent les émotions, mais à la 3e personne. Il semblerait que c’est une façon très intéressante de gérer le stress.

Et cela peut aider à prendre des décisions ?

Oui ! Malheureusement, le roi Salomon ne connaissait pas l’illéisme. Nous sommes souvent plus sages quand on s’intéresse aux problèmes des autres et Albert Moukheiber utilise cette technique dans le cadre de thérapies.

Albert Moukheiber est chargé de cours à l’Université Paris 8, et le co-fondateur de Chiasma, un Collectif de chercheurs en neurosciences, monté il y a sept ans. Tous ces chercheurs ont beaucoup travaillé par exemple sur les fake news. Albert Moukheiber s’intéresse beaucoup à la vérité, ou ce que l’on croit être la vérité.

Pour en revenir à l’illéisme, on s’y met tous ?

Parler à soi-même est une pratique qui peut nous paraître bizarre, mais, quitte à le faire, autant y aller à fond et se prendre pour César ou Delon.

Pour mieux comprendre notre cerveau, Albert Mouhheiber est l’auteur de Notre cerveau nous joue des tours paru aux éditions Allary.

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