Pour Jacques Tassin, chercheur écologue au CIRAD, le Centre de coopération International en Recherche Agronomique pour le Développement, à Montpellier, la vision que l’on a de la nature est vieillotte, obsolète et ringarde.

L’écologie vue par un chercheur, cela donne quoi ?
L’écologie vue par un chercheur, cela donne quoi ? © Getty / Rachen Buosa / EyeEm

Jacques Tassin s’intéresse à la nature profonde du végétal et aux liens premiers qui nous unissent aux plantes. Il s’intéresse à la vie dans son ensemble et signe un livre qui vient de sortir chez Odile Jacob : Pour une écologie du sensible.

Ce naturaliste l’avoue lui-même, il n’est pas dans le fil orthodoxe du chercheur habituel. Il se pose des questions étranges comme "si j’étais une plante ?", alors que plus de 99% de la masse du vivant sur terre est constitué par le végétal. Il considère que nous avons trop perdu le contact avec la nature.

La première des extinctions qu'il faut déplorer c'est sans doute celle de la perte de ce lien, de cette connexion immédiate, que les enfants ont. [....]

Jacques Tassin est donc un scientifique qui s’intéresse au monde intérieur des plantes. Il sait comment les arbres bougent, pourquoi ils se tiennent droit, quelles sont les stratégies de certaines plantes pour échapper à leurs prédateurs.

Il dit que nous ne savons plus regarder le monde qui nous entoure ; un arbre qui bouge avec le vent ou un oiseau qui chante sont pour lui sources de bonheurs intenses. Jacques Tassin plaide pour une écologie différente, une écologie du désir.

Cette écologie de la peur, sans parler de collapsologie, cette écologie très conceptuelle et hyper-intellectualisée, numérisée, virtualisée, etc... ça rend pas heureux évidemment. Ça rend même plutôt malheureux d'ailleurs. D'une certaine manière ça ne sert pas à grand chose. [...]

La plante est donc unique et multiple à la fois. Jacques Tassin raconte aussi qu’il n’y a pas plus vagabond qu’un arbre. Et seul un écologue naturaliste peut poser cette question : l’homme est-il si différent des plantes ? Il faut être scientifique pour oser…

Dans la nature, des exemples d’arbres qui se défendent, ou de plantes qui ont une sensibilité tactile, sont assez courants. 

Vous l’avez compris, Jacques Tassin aimerait que l’on considère l’écologie sous un angle différent. Il dit que l’écologie du sensible est peut-être la clé de notre survie, alors que la biodiversité est menacée par le réchauffement climatique. Il dit aussi que s’inspirer des arbres pourrait nous aider à avoir une vie meilleure, car nous ne sommes plus enracinés.

Les invités
  • Jacques Tassinécologue au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), à Montpellier
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