La lumière nocturne est devenue une cause de pollution en quelques décennies.

Un tiers de l’humanité ne voit jamais les étoiles.
Un tiers de l’humanité ne voit jamais les étoiles. © Getty / Sirintra Pumsopa

Elle affecte de façon très sensible la biologie des animaux et des végétaux en modifiant l’alternance naturelle du jour et de la nuit. Le nombre de points lumineux en France a augmenté de plus de 94% depuis 1995.

La lumière artificielle nocturne nous empêche aussi de profiter d’un des plus beaux spectacles de la nature, gratuit, celui de la voûte étoilée. Un tiers de l’humanité ne voit jamais les étoiles. 

Il y a même une association qui est dédiée à ce sujet : l’association Nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne. Sa formule ? "La vie a besoin de la nuit, la nuit a besoin de vous !"

Rencontre

J’ai rencontré Samuel Challéat, un géographe de l’environnement, qui travaille à l’Université Toulouse – Jean Jaurès. Il aimerait que la nuit, la vraie nuit, nous appartienne à nouveau.

Il faut rallumer les étoiles, car elles se sont éteintes. Pas d'elles-mêmes mais à cause de la lumière artificielle que l'on utilise pour éclairer nos villes.

Si il y a de plus en plus d’éclairage nocturne, c’est en partie à cause des LEDs : elles permettent de réduire la consommation énergétique et la facture de l'éclairage, mais elles sont bien plus puissantes que les anciennes ampoules et émettent donc plus de lumière.

Mais plutôt que de parler de "pollution lumineuse", j'aime renverser le regard et parler du "besoin d'obscurité".

Un besoin, pour tous

Ne pas pouvoir observer le ciel dans de bonnes conditions n’est pas le seul inconvénient de l’éclairage nocturne : il dérange les animaux, et cette lumière n’est pas vraiment bonne pour nous, les humains.

C'est un besoin culturel de regarder la voûte céleste, mais c'est aussi un besoin scientifique, littéraire, philosophique, religieux. Mais il y a d'autres besoins d'obscurité liés à la biodiversité.

C’est un géographe qui s’empare de ce sujet, pas un astronome : 

  • les astronomes sont nombreux à militer pour le droit à l’obscurité. Il y a un an exactement, le gouvernement a d’ailleurs pris un arrêté pour restreindre l’éclairage la nuit.
  • 12 000 communes pratiquent déjà une extinction totale ou partielle de leur éclairage public au creux de la nuit. C’est là qu’intervient le géographe, qui travaille sur les territoires.
  • Cela fait bien longtemps que Samuel Challéat se passionne pour ce sujet.

Pour lui, il faut oser l’observation attentive des paysages nocturnes pendant les randonnées à la rencontre de la faune nocturne, ou plus simplement les animations proposées par les clubs d’astronomie près de chez vous.

Aller plus loin

Programmation musicale
L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.