Autrement appelé Blob, le Physarum polycephalum est un organisme unicellulaire, ni animal, ni végétal, que l’on trouve dans les milieux frais et humides (en forêt) et qui passionne les chercheurs. Rencontre avec la spécialiste française du BLOB, Audrey Dussutour.

Image du Blob dans son milieu naturel
Image du Blob dans son milieu naturel © Maxppp / Alexis Sciard

Il vit sur toute la planète, ressemble à une omelette et vous l’avez sûrement croisé, sans savoir ce que c’était... Le BLOB  est un génie sans cerveau qui se déplace, mange, et grandit très vite. Au début de sa vie, il mesure 50 micromètres. Dans de bonnes conditions, sa taille double tous les jours, on dirait qu’il peut grandir à l’infini, qu’il est indestructible ! Découvrez "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le BLOB sans oser le demander" avec Audrey Dussutour, chercheuse au CNRS à Toulouse.

Le blob est un organisme encore inconnu qui nous apprend beaucoup de choses, il faut encourager la recherche sur des modèles peu étudiés car c’est eux qui nous mèneront à de grandes découvertes !

Audrey Dussutour dans son laboratoire
Audrey Dussutour dans son laboratoire © AFP / ERIC CABANIS

Éthologue de formation, Audrey Dussutour s’est découvert une passion pour le Physarum polycephalum. Cet organisme complexe (entré, il y a peu, au au zoo de Vincennes) intrigue et mobilise une centaine de scientifiques dans le monde, dont notre spécialiste, que ses recherches ont menée en Australie, au Japon et en Suède. 

Alors que notre BLOB australien était habitué aux flocons d’avoine bio, le BLOB américain a reculé en préférant aller explorer la poubelle...

Il n’a ni bouche, ni cerveau, mais ingère de la matière et a des préférences alimentaires. "On lui a proposé 32 recettes de flans de manière à découvrir le régime qui maximisait sa survie" raconte la chercheuse. Il est capable d’apprendre et de modifier ses goûts, et se révèle sensible au stress, le BLOB intrigue et captive les chercheurs. Audrey Dussutour confesse même leur vouer un certain attachement.

Le blob
Le blob © Radio France / Rebecca Denantes

Quasi immortel, Le blob peut rester en dormance des années avant de reprendre vie. Cet organisme qui ressemble à une éponge (et dont les limaces sont très friandes) peut sécher puis recouvrer sa jeunesse une fois réhumidifié.

Le BLOB avance grâce à un réseau veineux qui se contracte, il nous est arrivé de le retrouver au plafond.

Le nom BLOB a été inspiré à la chercheuse par un film d'épouvante de 1958 avec Steve Mc Queen. La traduction du titre signifie "Danger planétaire" et raconte l'arrivée sur terre d'un alien à la masse visqueuse dévorant tout sur son passage. 

Pourtant, le BLOB s'est révélé jusqu'alors tout à fait inoffensif et c'est même une grande source d’inspiration pour la recherche fondamentale et appliquée, explique Audrey Dussutour, des chercheurs allemands l’ont d'ailleurs utilisé pour lutter contre le cancer.

Moins contraignant qu'un chat ou un chien, adoptez un BLOB!

Tout savoir pour élever un BLOB :

La musique

  • Serge Gainsbourg - L’homme à tête de chou
  • Jorja Smith - Kiss me in the morning
  • Pomme - La Lumière
  • Geoffrey Gurrumul Yunupingu - Wiyathul

Archives et extraits sonores

  • Le BLOB, film de Irvin S. Yeaworth Jr. (1958)
  • Extrait d’un reportage de France Culture sur l’arrivée du BLOB au Parc zoologique de Vincennes (par Céline Loozen)
  • Le BLOB, un génie sans cerveau, documentaire de Jacques Mitsch  (Arte 2019)
  • Life : Origine Inconnue, film SF de Daniel Espinosa (2017)

Références bibliographiques

Pour aller plus loin

Les invités
  • Audrey DussutourEthologiste au CNRS où elle étudie le comportement des fourmis et des organismes unicellulaires.
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