... disait Sacha Guitry. Qui vous embobinera cette semaine. Suivez les conseils de Laurent Delmas et Christine Masson

On aura tout vu - Les sorties de la semaine
On aura tout vu - Les sorties de la semaine © Getty

Azako I&II de Ryusuke Hamaguchi (Japon)

Asako I & II est adapté d'un roman de l'écrivaine Tomoka Shibasaki. Kiyoshi Kurosawa a été séduit par l'absurdité du récit où l'héroïne tombe amoureuse de deux hommes qui ont le même visage mais aussi par la description qui y est faite du quotidien : "Je l’aime profondément, et le fait que l’on m’ait fait confiance pour le réaliser m’a excité mais rendu aussi très anxieux !" 

Les deux rôles masculins principaux sont interprétés par Masahiro Higashide. Celui-ci est l'un des acteurs fétiches de Kiyoshi Kurosawa avec lequel il a tourné pas moins de trois films en deux ans. Les deux hommes se connaissent bien puisque le premier fut l'élève du second lors de ses études de cinéma.

Un Beau Voyou de Lucas Bernard (France) 

C'est le premier long métrage de Lucas Bernard qui a fait ses classes derrière la caméra avec Coline Serreau, Tonie Marshall ou René Ferret. Lucas Bernard met en scène un personnage de voleur "à l'ancienne" (Swann Arlot) sans complice et sans téléphone portable et qui passe par les toits. Face à lui un commissaire qui attends la retraite (Charles Berling). 

Le troisième personnage, c'est Paris : "Ces balades sur les toits nous permettaient de traverser Paris socialement explique le réalisateur : on entre dans un bel immeuble haussmannien, mais pour aller sous les combles, il faut passer par les escaliers de service et par les chambres de bonnes. [...] Nous avons trouvé la chambre de bonne de Bertrand rue Turgot – et le premier tableau volé emmène Beffrois à Montmartre. Mais les toits ne sont pas exactement à leur place. Pour tourner sur les toits, il faut les accords de plusieurs copropriétés, c’est compliqué. Heureusement, on avait repéré des parkings, Gare de l’Est, au dernier étage, avec vue sur Paris à 360°. Tous les plans où l’on ne voit pas les pieds de Beffrois, c’est qu’il marche sur le parking."

A Bread Factory Part 2 : un petit coin de paradis de Patrick Wang (Etats-Unis)

Checkford a bien changé depuis l’arrivée des célèbres May Ray : les touristes affluent, l’immobilier flambe… A la Bread Factory, Dorothea et Greta travaillent sur l’adaptation d’Hécube d’Euripide. Mais le vrai spectacle se situe peut-être à l’extérieur. Face à toutes ces transformations dans la ville, la Bread Factory est toujours menacé.

Une femme d'exception de Mimi Leder (Etats-Unis)

Une femme d'exception retrace les jeunes années de celle que l’on surnomme "Notorious RBG". Aujourd’hui âgée de 85 ans, Ruth Bader Ginsburg siège à la Cour Suprême et est l’une des plus grandes figures progressistes des États-Unis. 

Le scénario a été écrit par son propre neveu, Daniel Stiepleman. Il a eu l’idée d’écrire le scénario pendant l’enterrement de son oncle Martin en 2010, alors qu’il écoutait son oraison funèbre qui racontait la seule fois où lui et Ruth se sont disputés. Persuadé que cette anecdote pouvait faire un film incroyable, il a cependant attendu un an avant d'oser en parler à sa tante. 

La juge qui ensuite a largement nourri le scénario par ses commentaires et anecdotes.

Qui a tué Lady Winsley ? de Hiner Saleem (Turquie)

Après avoir réalisé le western My Sweet Pepperland, Hiner Saleem a eu envie de faire un polar à sa façon. Le metteur en scène explique : "Je suis un conteur avant tout, alors l’idée de genre fut un élan pour mon imagination, non une contrainte que je me serais imposée. Je voulais parler de la société turque et kurde d’aujourd’hui et des rapports entre les deux, sans être sentencieux sur le fond. C’est une histoire adressée à tout le monde, un sujet universel qui traite des rapports intemporels entre les hommes. L’humour, l’absurde et la folie accompagnent mes personnages, comme ils accompagnent chaque être humain qui veut vivre, ou qui tente de survivre."

Never Ending Man : Hayao Miyazaki de Kaku Arakawa  (doc Japon)

Le réalisateur Kaku Arakawa a suivi pendant deux ans le Studio Ghibli et Hayao Miyazaki après l’arrêt de leur activité, avec une complicité et une délicatesse qui lui ont permis de montrer le maître de l’animation japonaise tel qu’on ne l’a jamais vu.

Pour la première fois d’une longue carrière dédiée à l’animation traditionnelle, il s’interroge sur l’usage des nouvelles technologies. Entre le doute et l’attrait de la nouveauté, le vieux maître se laisse filmer au plus près pendant deux ans par un réalisateur complice et ami.

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