Disait Eric Rohmer. Les films de la semaine vont vous emmener ailleurs. Christine et Laurent les ont vus pour vous. .

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

Comme si de rien n’était d’Eva Trobisch

Janne est une femme moderne, éduquée, rationnelle, une femme qui réclame le droit d’être qui elle veut. Lors d'une réunion entre anciens camarades sa vie bascule. Mais elle va persister à faire semblant que tout va bien, refuser de se considérer comme une victime et de perdre le contrôle… jusqu’à quand ?

Eva Trobisch a choisi de montrer le viol de l'héroïne de façon anti-spectaculaire, banale. "Il a toujours été clair pour moi que j'allais filmer cette scène de la façon la plus ordinaire possible. L'acte est minable, pathétique, et ne dure que 30 secondes. Janne refuse de donner trop d'importance, trop de pouvoir, à un épisode de sa vie si court. Comment 30 petites secondes pourraient-elles affecter sa vie entière ?", questionne la cinéaste

La Flor, Partie 4 de Mariano Llinás

La Flor cambriole le cinéma en six épisodes.
Chaque épisode correspond à un genre cinématographique.
Le premier est une série B, comme les Américains avaient l’habitude d’en faire.
Le second est un mélodrame musical avec une pointe de mystère.
Le troisième est un film d’espionnage.
Le quatrième est une mise en abîme du cinéma.
Le cinquième revisite un vieux film français.
Le sixième parle de femmes captives au 19e siècle.
Mon tout forme « La Flor ».
Ces six épisodes, ces six genres ont un seul point commun : leurs quatre comédiennes.

D’un épisode à l’autre, La Flor change radicalement d’univers, et chaque actrice passe d’un monde à l’autre, d’une fiction à un autre, d’un emploi à un autre, comme dans un bal masqué.
Ce sont les actrices qui font avancer le récit, ce sont elles aussi qu’au fur et à mesure, le film révèle. Au bout de l’histoire, à la fin du film, toutes ces images finiront par dresser leurs quatre portraits.

L’Homme à la moto d’Agustín Toscano

L'histoire : Tucumán, en Argentine. Miguel tente de joindre les deux bouts en pratiquant le vol à l’arraché depuis sa moto. Un jour, alors qu’il dérobe son sac à une vieille dame, il la blesse grièvement. Rongé par la culpabilité, il tente de soulager sa conscience en s’occupant d’elle, sans lui dévoiler son identité.

"Le “sentiment d’insécurité” est l’une des questions qui agitent le plus la société argentine à l’heure actuelle explique le réalisateur – il s’agit presque d’une affaire d’État. À Tucumán, dans ma province, Les affaires de vols à l’arraché se multipliaient et les gens réagissaient en réclamant des “lynchages”, souhaitant se faire justice eux-mêmes. Ces lynchages sont devenus aussi banals que ces explosions de violence. Cette lutte fratricide, douloureuse et brutale, entre des gens issus de la même classe sociale m’a poussé à écrire une comédie dramatique sur deux personnages qui tentent de donner du sens à leur vie."

J’veux du soleil de Gilles Perret et François Ruffin

"J'ai changé les plaquettes de frein et le liquide de refroidissement. 350 € chez Norauto..." C'est parti pour un road-movie dans la France d'aujourd'hui ! Avec leur humour et leur caméra, Gilles Perret et François Ruffin traversent le pays  

Le député insoumis décrit lui-même son film comme étant un "road-movie dans la France des Gilets jaunes".

Los Silencios de Beatriz Seigner

L'histoire : Nuria, 12 ans, Fabio, 9 ans, et leur mère arrivent dans une petite île au milieu de l’Amazonie, aux frontières du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Ils ont fui le conflit armé colombien, dans lequel leur père a disparu. Un jour, celui-ci réapparaît mystérieusement dans leur nouvelle maison.

Los Silencios est né d'une histoire qui a été racontée à Beatriz Seigner par l'une de ses amies : "J’étais tellement connectée à son récit que j’avais des images dans la tête, c’était mouvant, vivant, j’en rêvais même la nuit ! Je me suis mise ensuite à enquêter et j’ai découvert que l’immigration colombienne était l’une des plus importantes au Brésil, surtout depuis 2006. J’ai rencontré plus de 80 familles colombiennes immigrées et je me suis aperçue que l’histoire de mon amie n’était pas un cas particulier, que d’autres familles colombiennes la partageaient. Ça a été un choc."

La Lutte des classes de Michel Leclerc

L'histoire : Sofia et Paul emménagent dans une petite maison de banlieue. Elle, brillante avocate d’origine maghrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock et anar dans l’âme, cultive un manque d’ambition qui force le respect ! Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier. Mais lorsque tous ses copains désertent l’école publique pour l’institution catholique Saint-Benoît, Corentin se sent seul. Comment rester fidèle à l'école républicaine quand votre enfant ne veut plus y mettre les pieds ?

Michel Leclerc et la scénariste Baya Kasmi, qui est aussi sa compagne se sont inspiré de leur propre vécu pour écrire cette histoire. Pour le rôle de Paul, Michel Leclerc a eu envie de proposer à Edouard Baer autre chose qu’un emploi de séducteur sophistiqué : "Sa finesse, sa malice et l’extrême sympathie qu’il dégage permettaient au personnage de friser l’antipathie. C’est une grande règle du casting, plus un comédien est sympathique, plus le personnage peut avoir de défauts. Je me souviens très bien du moment où il a mis son Perfecto aux essayages, tout à coup sa démarche est devenue plus lourde, il a arqué les jambes ! Je suis très content du résultat, je pense qu’au bout de deux minutes, on oublie Edouard Baer."

Tel Aviv On Fire de Sameh Zoabi

L'histoire : Salam, 30 ans, vit à Jérusalem. Il est Palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès "Tel Aviv on Fire !" Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah.  Un jour, Salam se fait arrêter par un officier israélien Assi, fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario. Evidemment, rien ne se passera comme prévu.

Les soap opera ont beaucoup de succès auprès des spectateurs du Moyen-Orient : "Récemment, je regardais un feuilleton avec ma mère, raconte le réalisateur. Je me suis mis à rire à un moment où je ne devais pas, c’était à cause des excès de mise en scène et du jeu des comédiens, ma mère, elle, a sorti son mouchoir et s’est mise à pleurer. Cette expérience m’a inspiré au moment d’écrire et de réaliser le film."

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