Toutes les sorties de la semaine passées au crible par Christine Masson et Laurent Delmas

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine

Chris the Swiss Anja Kofmel

La réalisatrice Anja Kofmel consacre son film à son cousin Christian Würtenberg dont le meurtre, alors qu'elle n'avait que dix ans, a marqué son enfance. Journaliste, Chris avait infiltré le PIV (Prvi Internationalni Vod), un groupe de mercenaires lié à l’organisation ultra-catholique Opus Dei. Lorsque son fondateur Eduardo Flores est tué en 2009, Anja Kofmel décide de faire de l'histoire de son cousin un film. 

Ce sera un documentaire animé : "Je traite mes recherches et mes rencontres avec des témoins contemporains à la manière d’un documentaire classique, tandis que l’animation me permet d’interpréter l’histoire et de représenter, d’un point de vue subjectif, la cruauté et le désespoir associés à la guerre" explique la réalisatrice.

Blindspotting de Carlos Lopez Estrada

17 ans ! C'est le temps qu'il a fallu aux deux scénaristes Rafael Casal et Daveed Diggs pour concrétiser leur projet. Amis d'enfance, les deux hommes souhaitaient mettre en avant leur ville d'Oakland, trop peu représentée au cinéma selon eux. 

Le film, réalisé par Carlos Lopez Estrada, aborde notamment les thèmes de la gentrification, de la violence policière et du racisme.

Frères ennemis de David Oelhoffen

David Oelhoffen a voulu filmer une banlieue loin des fantasmes, tout comme la vie policière et criminelle. Le réalisateur ne voulait par ailleurs pas reproduire des choses qu'il avait vues dans d'autres films: "La seule façon de faire exister le film dans ce genre désormais difficile à financer au cinéma, était de veiller constamment à sa singularité," explique-t-il. 

"A l'écriture, avec l'aide de Jeanne Aptekman, qui a co-scénarisé le film, nous avons essayé d’apporter à ces personnages, qu’ils soient simples banlieusards, trafiquants de drogue ou policiers, les mêmes nuances et la même complexité que dans n'importe quel drame. Les conflits intimes, politiques, familiaux se cristallisent sans doute d’une façon différente dans les quartiers favorisés ou dans les cités, mais ils ont partout la même richesse. J’essaie dans chacun de mes films de ne pas les simplifier."

Nos batailles de Guillaume Senez

Le metteur en scène Guillaume Senez a une méthode bien précise pour obtenir le naturel qu'il souhaite devant la caméra, il ne donne pas les dialogues à ses comédiens, ces derniers doivent les improviser selon la situation de la scène : "Cela représente un risque pour les comédiens, c’est comme sauter sans parachute, et je comprends très bien leurs appréhensions. Romain Duris n’avait jamais travaillé comme ça auparavant. Ce défi l’excitait beaucoup. 

Avant le tournage, on a beaucoup discuté du personnage. Au moment du tournage, tous les dialogues sont minutieusement écrits, mais je ne les donne pas aux comédiens. On va les chercher ensemble. C’est cela qui donne au film cette texture particulière, les moments où les personnages cherchent un peu leurs mots, où les dialogues peuvent se chevaucher, tous ces petits accidents, ces choses de la vie de tous les jours qu’on a tendance à perdre au cinéma."

La saveur des ramen d'Eric Khoo

La Saveur des ramen est né de la proposition d'un producteur de célébrer les 50 ans de relations diplomatiques entre le Japon et Singapour. La cuisine est apparue à Eric Khoo comme le moyen le plus évident d'en parler.  

Lui et son équipe ont porté leur choix sur deux plats extrêmement populaires dans chacun de leur pays : le bak kut teh du côté de Singapour et les ramen chez les Japonais. À l'origine plébiscités par les ouvriers car peu chers et riches en protéines, ces deux plats ont depuis conquis les plus fins gourmets

16 levers de soleil de Pierre-Emmanuel Le Goff 

Lorsque Pierre-Emmanuel Le Goff a appris que Thomas Pesquet partait pour la Station spatiale internationale, il lui a montré Gravité Zéro, un documentaire qui portait sur la mission spatiale de l’astronaute allemand Alexander Gerst : "Après l’avoir visionné, se rappelle le réalisateur, Thomas Pesquet a souhaité, non seulement nous accompagner dans notre démarche, mais aussi s’impliquer beaucoup dans le tournage car il considère que la communication et la vulgarisation font partie intégrante de sa mission."   

"Je l’avais déjà fait sur les réseaux sociaux au quotidien, confirme l'astronaute, mais ce n’était pas encore suffisant : je trouvais important de raconter la vraie histoire avec un début, un milieu et une fin".

Shut up and play the piano de Philipp Jedicke 

L'une des conditions posées par Chilly Gonzalez avant le début du tournage de ce documentaire qui lui est consacré, était qu'il refusait que sa vie privée soit filmée!!  

Un véritable casse-tête pour le réalisateur : "Comment faire un documentaire sur une personne qui refuse qu’on la filme dans sa vie privée ? [...] J’ai beaucoup discuté de tout cela avec lui et finalement je lui ai proposé qu’on apprenne à découvrir Jason Beck uniquement à travers Chilly Gonzales. De partir du résultat pour comprendre l’équation de départ. L’idée lui a plu et il m’a dit qu’il y avait tant de choses personnelles dans ses chansons que j’y trouverais forcément du matériel".

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