Une sélection très éclectique cette semaine et les recommandations de Laurent Delmas et Christine Masson

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

La cravate de Mathias Théry et Etienne Chaillou

Bastien a vingt ans et milite depuis cinq ans dans le principal parti d’extrême-droite. Quand débute la campagne présidentielle, il est invité par son supérieur à s’engager davantage. Initié à l’art d’endosser le costume des politiciens, il se prend à rêver d’une carrière, mais de vieux démons resurgissent…

C'est lors du tournage pour France 3 d'un documentaire télévisé sur des jeunes qui votent pour la première fois que Mathias Théry a rencontré Bastien : "À la première rencontre avec Bastien, nous l'avons trouvé d'aspect un peu caricatural, en blouson de cuir et cheveux ras, et complètement fasciné par Marine Le Pen, dont il avait même un portrait affiché au dessus de son lit ". Ce jeune homme qui ne partageait pas les opinions politiques de son entourage est un garçon curieux et ouvert. C'est ce qui a décidé les réalisateurs à le suivre pendant deux ans.

La dernière vie de Simon de Léo Karmann

Simon a 8 ans, il est orphelin. Son rêve est de trouver une famille prête à l’accueillir. Mais Simon n’est pas un enfant comme les autres, il a un pouvoir secret : il est capable de prendre l’apparence de chaque personne qu’il a déjà touchée… Et vous, qui seriez-vous si vous pouviez vous transformer ?

Les références sont clairement affichées :  Spielberg, Cameron et Zemeckis. Un cinéma qui a bercé la génération qui a grandi dans les années 80. "Un jour j’ai pensé à une histoire autour d’un personnage capable de prendre l’apparence de n’importe qui. Sabrina (B Karine, la coscénariste) a aimé ce point de départ et on a commencé à travailler. Très vite, on s’est dit qu’il serait intéressant que ce personnage soit un adolescent : s’il y a bien une période de notre vie où on rêve d’être quelqu’un d’autre, c’est bien celle-ci !"

#Jesuisla de Eric Lartigau

Stéphane mène une vie paisible au Pays Basque entre ses deux fils, aujourd’hui adultes, son ex-femme et son métier de chef cuisinier. Le petit frisson dont chacun rêve, il le trouve sur les réseaux sociaux où il échange au quotidien avec Soo, une jeune sud-coréenne. Sur un coup de tête, il décide de s’envoler pour la Corée dans l’espoir de la rencontrer. Dès son arrivée à l’aéroport de Séoul, un nouveau monde s’ouvre à lui…

Sous ses allures de comédie romantique, #Jesuislà est un récit initiatique sur un homme qui opère un retour à lui-même. Le personnage de Stéphane n'est pas malheureux, il est équilibré et ne cherche pas à changer de vie. Pourtant, il passe à côté de la sienne sans s'en rendre compte. "C’était ce qui m’intéressait", explique Éric Lartigau, "qu’il parte soudainement à la poursuite d’une allégorie rencontrée sur Instagram. Et c’est vertigineux, car il la met en scène. Ce fantasme est un déclencheur. Nous allons nous rendre rapidement compte que son but ultime n’était pas de rencontrer Soo. Je suis persuadé qu’il le sait inconsciemment : ce que Stéphane recherche, c’est lui-même !"

Notre-dame du Nil de Atiq Rahimi

Rwanda, 1973. Dans le prestigieux institut catholique "Notre-Dame du Nil", perché sur une colline, des jeunes filles rwandaises étudient pour devenir l’élite du pays. En passe d’obtenir leur diplôme, elles partagent le même dortoir, les mêmes rêves, les mêmes problématiques d’adolescentes. Mais aux quatre coins du pays comme au sein de l’école grondent des antagonismes profonds, qui changeront à jamais le destin de ces jeunes filles et de tout le pays.

Après Terre et cendres et Syngué Sabour, Pierre de patience, Ce n'est pas l'un de ses ouvrages qu'Atiq Rahimi a décidé d'adapté cette fois-ci mais celui de l'auteur rwandais Scholastique Mukasonga (Prix Renaudot 2012). "Avec Notre-Dame du Nil l’expérience était d’autant plus particulière qu’il s’agissait d’une autofiction et que le récit prenait place au Rwanda, un pays que je ne connaissais pas. Lorsque la productrice Marie Legrand m’a proposé cette adaptation, j’ai d’abord hésité. Elle avait, me semble-t-il, aimé ma façon de traiter la figure féminine dans Syngué Sabour et pensait que j’étais "la personne idéale". Je n’en savais rien avant d’aller sur place. Il fallait que je ressente d’abord "l’âme du pays" pour m’engager."

Un soir en Toscane de Jacek Borcuch

Maria Linde, poétesse et prix Nobel juive polonaise, s’est retirée loin des mondanités et des conventions dans la paisible campagne de Toscane. Elle y vit libre et heureuse, entourée de sa famille, de ses amis et de son jeune amant égyptien. Mais la tension monte dans la vieille Europe comme dans sa petite ville où les réfugiés affluent. Refusant l'hypocrisie ambiante, Maria accepte une ultime remise de prix, et revient dans l'espace public avec une déclaration qui fait scandale.

Adam… de Maryam Touzani

Dans la Médina de Casablanca, Abla, veuve et mère d'une fillette de 8 ans, tient un magasin de pâtisseries marocaines. Quand Samia, une jeune femme enceinte frappe à sa porte, Abla est loin d'imaginer que sa vie changera à jamais. Une rencontre fortuite du destin, deux femmes en fuite, et un chemin vers l'essentiel.

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