Les films à voir ou pas. C'est la sélection de la semaine passée au scanner par Laurent Delmas et Christine Masson

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

Adult in the room de Costa-Gavras

Après 7 années de crise le pays est au bord du gouffre. Des élections, un souffle nouveau et deux hommes qui vont incarner l’espoir de sauver leur pays de l’emprise qu’il subit. Nommé par Alexis, Yanis va mener un combat sans merci dans les coulisses occultes et entre les portes closes du pouvoir européen. Là où l’arbitraire de l’austérité imposée prime sur l’humanité et la compassion. Là où vont se mettre en place des moyens de pression pour diviser les deux hommes. Là où se joue la destinée de leur peuple. Une tragédie grecque des temps modernes.

Costa Gavras adapte le livre de Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes. Dans les coulisses très secrètes de l’Europe. L'ancien ministre des Finances du gouvernement d'Alexis Tsípras y raconte sans concession comment il a dû se battre pour à son pays de nouvelles mesures d'austérité. Le bras de fer entre la Grèce et l'UE avait défrayé la chronique à l'époque.

La belle époque de Nicolas Bedos

Victor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour...

Dans le film, la société créée par Antoine (Guillaume Canet) offre à ses clients une plongée dans une époque du passé qu’il veut vivre ou revivre. "L’idée m’est venue de ma propre saturation face à l’inflation de séries, explique le réalisateur, comme si la fiction "classique", c’est-à-dire des images dans un écran, n’impactait plus assez le spectateur. J’ai imaginé cette boîte de reconstitution théâtrale qui immergerait physiquement le spectateur dans l’histoire. Je voulais montrer des coulisses, comme celles dans lesquelles j’évolue depuis que je suis né. Ça nous a permis, à moi et mon équipe, de mettre en valeur l’aspect artisanal du cinéma et du théâtre ! Habilleurs, décorateurs, machinos, assistants, comédiens : le film présente une équipe au travail !"

L'audition d'Ina Weisse

Anna Bronsky est professeure de violon au Conservatoire. Contre l’avis de ses collègues, elle impose l’admission d’un élève, en qui elle voit un grand talent. Avec beaucoup d’implication, elle prépare Alexander à l’examen de fin d’année et néglige de ce fait son jeune fils Jonas, lui aussi élève violoniste et passionné de hockey sur glace. Elle s’éloigne de plus en plus de son mari, si aimant à son égard, le luthier français Philippe Bronsky. A l’approche de l’audition, Anna pousse Alexander vers des performances de plus en plus exceptionnelles. Le jour décisif, un accident se produit, lourd de conséquences…

Ina Weisse a commencé sa carrière comme actrice. En 2008, elle passe derrière la caméra pour Der Architekt dont elle a écrit le scénario ace Daphné Charizani. Les deux femmes se connaissent depuis longtemps. Musiciennes, elles ont joué du violoncelle et du violon et ont même fait partie d’un orchestre. Le duo s'est retrouvé pour l'écriture de l'Audition.

Et puis nous danserons de Levan Akin

Merab s’entraîne depuis son plus jeune âge dans le cadre de l’Ensemble National Géorgien avec sa partenaire de danse, Mary. Son monde est brusquement bouleversé lorsque le charismatique Irakli arrive et devient son plus fort rival et son plus grand désir.

Né en Suède, le réalisateur Levan Akin est d'origine géorgienne. Avec ce film, il renoue avec ses origines. En Géorgie, trois choses sont considérées comme emblématiques de la tradition géorgienne et de l’identité nationale : l’église, le chant polyphonique traditionnel et les danses nationales traditionnelles. Avec Et puis nous danserons, le réalisateur a voulu témoigner du fossé générationnel entre les Géorgiens qui ont vécu pendant l'URSS (représentés par la danse) et les plus jeunes (représentés par l'amour naissant entre les deux danseurs) : "Je raconte l’histoire de jeunes LGBT et leurs luttes à leur petite échelle, ce qui me permet de montrer l’histoire et la situation de la Géorgie contemporaine à plus grande échelle".

J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin

A Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. 

Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire...

📖  LIRE | Les clefs du film d'animation "J’ai perdu mon corps" avec Jérémy Clapin, son réalisateur et Animation : "J’ai perdu mon corps", le réalisateur Jérémy Clapin commente la scène de l’interphone

Vitis Prohibita de Stephan Balay

Cela pourrait-être une légende, mais c’est l’histoire bien réelle d’une tentative d’assassinat réglementaire, la mise au ban d’une poignée de cépages déclassés, des vins interdits, accusés de tous les maux, rendus coupables d’avoir mauvais goût et incriminés de rendre fou. Leur crime ? Résister. Résister aux maladies, être naturellement adaptés aux changements climatiques et s’affranchir des pesticides et autres produits qui inondent la viticulture moderne. Bravant une législation extrêmement hostile et en dépit de la très mauvaise réputation de ces cépages, des paysans rebelles, convaincus de leurs vraies valeurs, n’ont cessé de cultiver les interdits. Les cépages résistants n’ont pas dit leur dernier mot. Le film propose un voyage œnologique en France, Italie, Autriche et Roumanie et États-Unis afin de mieux comprendre l'histoire et les enjeux des cépages résistants.

RÉÉDITION

La Viaccia de Mauro Bolognini

Black Journal de Mauro Bolognini

Le monde animé de Grimault

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