... disait Alfred Hitchcock. Mais pour éviter l'indigestion suivez les conseils de Christine Masson et Laurent Delmas

Qu'aller voir au ciné ce week-end
Qu'aller voir au ciné ce week-end © Getty

Heureux comme Lazzaro d'Alice Rohrwacher

À travers les aventures de Lazzaro, Alice Rohrwacher souhaite raconter, avec amour et humour, la tragédie qui a dévasté l'Italie, le passage d’un Moyen Âge matériel à un Moyen Âge humain : la fin du monde paysan, la migration vers les villes et leurs périphéries de milliers de personnes qui ne connaissaient rien de la vie moderne.

Comme dans ses films précédents, Alice Rohrwacher a choisi de tourner en super 16, et pas en numérique. "Ce n’est pas un choix dicté par l’esthétique ou la nostalgie, explique-t-elle, mais dû à la magie d’une technologie merveilleuse, qui se répercute sur la méthode de travail : il n’y a pas de contrôle absolu des images, et le résultat sera toujours le fruit d’une combinaison surprenante entre la vivacité de la pellicule qui tourne et impressionne, et notre manière de filmer."

Présenté en compétition au Festival de Cannes 2018. Le film a été récompensé du Prix du scénario.

High Life de Claire Denis

"High Life n’est pas un film de science-fiction, précise Claire Denis, bien qu’il y ait pas mal de fiction et de science. On a eu la collaboration précieuse de l’astrophysicien Aurélien Barrau, un cosmologue qui est spécialisé dans la physique des astroparticules et des trous noirs. C’est un film dans l’espace mais très terre à terre".

Pour l'anecdote : Sur les écrans des ordinateurs de la station spatiale, on aperçoit un match de rugby, un film de famille du petit neveu de Claire Denis sur une plage et un docufiction, In the Land of the Head Hunters, réalisé en 1914 par Edward S. Curtis, avec le concours des Indiens Kwakiutl de l’île de Vancouver au Canada.

Kursk de Thomas Vinterberg

Pour adapté cette histoire vraie, Thomas Vinterberg et le scénariste Robert Rodat, se sont appuyé sur le livre du journaliste Robert Moore qui dissèque les différentes expertises scientifiques ainsi que les derniers instants de l'équipage condamné. Robert Rodat s'est adjoint les services du capitaine David Russell qui a conduit la mission de sauvetage du Koursk pour la Royal Navy. Ce dernier est ainsi devenu consultant sur le film, dont il est aussi l’un des personnages principaux sous les traits de Colin Firth.

Pour l'anecdote : Plusieurs plans ont été tournés dans un vrai sous-marin, Le Redoutable, qui se trouve à la Cité de la Mer de Cherbourg.

Sale temps à l'hôtel El Royale de Drew Goddard 

Drew Goddard a situé son histoire dans les années 1960, une période parfaite pour un film qui révèle couche après couche l’action et les personnages : "Les années 60 sont le symbole d’un esprit d’érotisme, de chaleur et de fête, mais là-dessous existait une forme de paranoïa. Sous les paillettes et le côté glamour, on surveillait les choses", précise le metteur en scène.

Pour l'anecdote : L’hôtel El Royale n’existe pas et n’est pas une reproduction. Il a été totalement imaginé par le chef décorateur Martin Whist.

Samouni Road Stafano Savana

Dans la périphérie rurale de la ville de Gaza, la famille Samouni s’apprête à célébrer un mariage. C'est la première fête depuis la dernière guerre.

Le réalisateur a rencontré la famille Samouni au lendemain du retrait de l’armée de terre israélienne, le 20 janvier 2009. Cette communauté de paysans, jusque-là épargnée par soixante ans de conflits et d’occupation, venait de perdre vingt-neufs de ses membres.

Pour reconstituer des situations qu'il n'avait pas filmées, celles situées avant la guerre et l'attaque israélienne, le réalisateur a choisi d'utiliser l'animation : _"J’ai envisagé la fiction, mais c’était impossible parce que je ne voulais pas faire disparaître les personnes que j’avais filmées derrière des acteurs, ni, en cas de reconstitutions avec eux dans leur propre rôle, les mettre en face d’acteurs qui auraient joué ceux qui sont morts"_

The spy gone North de Jong-Bin Yoon

En 2014, Yoon Jong-bin faisait des recherches sur les services secrets sud-coréens (NIS), lorsqu'il est tombé sur le nom de code "Black Venus". "Ça a piqué ma curiosité. Après que le NIS et la CIA ont reçu des informations en 1989 sur le programme nucléaire nord-coréen, un espion, dont l'identité n'a pas été révélée, a été envoyé en Corée du Nord. J'avais envie de découvrir comment une opération d'espionnage, comme on en voit au cinéma ou en littérature, avait pu se dérouler dans la réalité, et ce qui s'était vraiment passé du côté sud-coréen."

Un amour impossible de Catherine Corsini

"Par son amplitude le sujet me faisait peur, explique Catherine Corsini, mais j’étais fascinée par cette femme modeste et forte à la fois, par le mystère de son aveuglement et par l’amour qu’elle avait pour cet homme pervers. Au fond, dès les premières lignes, j’ai eu envie de filmer cette histoire de bout en bout"

La réalisatrice est entrée en contact avec la mère de l'auteure et lui a posé des questions sur des éléments de costumes ou de décors : "Elle a conservé un souvenir extrêmement précis de chaque chose, de tous les détails des lieux qu’elle a traversés." Les deux femmes ne se sont cependant jamais rencontrées et leurs échanges ne se faisaient que par courrier : "Je sentais la droiture, la dignité, l’élégance et la pudeur de cette femme. Elle m’inspirait et je ne voulais surtout pas la trahir. [...] Mais malgré tout, même après l’adaptation du livre, après nos échanges, Rachel reste un mystère".

Un Homme Pressé de Hervé Mimran

Le film est inspiré de l'histoire vraie du patron de Peugeot Citroën, Christian Streiff, est terrassé par un AVC dans son bureau. Le corps est intact, mais une partie de sa mémoire s’en est allée.

Le réalisateur n'a pas voulu faire un film rendant compte parfaitement de cette histoire, à savoir les conséquences bien réelles d’un AVC. Lorsque Christian Strieff lui a expliqué qu’il disait n’importe quoi en croyant être intelligible, Hervé Mimran a su qu'il tenait la clé de cette histoire. Le cinéaste a, en revanche, fait beaucoup de recherches et a rencontré LE neurologue spécialiste de l’AVC ainsi que les orthophonistes qui s’étaient occupés de Christian.

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