Eclectique. La sélection de la semaine l'est pour le moins. Laurent Delmas et Christine Masson vous donnent leurs avis et sentiments sur les sorties

Les sorties de la semaine
Les sorties de la semaine © Getty

"The Bra" de Veit Helmer         

Le conducteur de train Nurlan se rend à Bakou pour la dernière fois avant sa retraite. En contournant les quartiers de la ville, son train arrache un soutien-gorge bleu à une corde à linge. Pour échapper à son existence solitaire, Nurlan se lance dans la plus grande aventure de sa vie : retrouver la propriétaire de ce sous- vêtement… 

The Bra est un film sans dialogue : "Alfred Hitchcock disait que les dialogues étaient comme du théâtre filmé. Pour pallier cela, il faut passer par un mode de narration visuel. À cela s’ajoute le fait qu’un film en langue étrangère s’exporte mal." 

Le doublage et les  sous-titres ne sont pas satisfaisants d’un point de vue artistique et parfois, il peut y avoir des décalages terribles. 

Les réalisateurs travaillent pendant des années sur un scénario, mais aussi sur le tournage et le montage, afin de peaufiner le son. Mais dans beaucoup de pays, on plaque plus tard une voix off sur les images, qui écrase cette bande son."

"Deux Moi" de Cédric Klapisch

Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux  individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… Celle d’une histoire d'amour ?

Deux moi est un portrait du Paris d'aujourd'hui : "Est-ce que l’usage d’internet et des réseaux sociaux fabrique du lien social ? Est-ce que la solitude est toujours la même qu’à l’époque de Chacun cherche son chat ? Alors que le constat le plus apparent dans les médias est de penser que nous vivons dans une période de tensions, de dépressions, de haine et de conflits apparents."

J’ai senti que justement dans ce genre de période, il fallait parler du besoin d’amour.

"L’insensible" d'Ivan I. Tverdovsky

Denis a grandi dans l’orphelinat où sa mère l’a abandonné. C’est un garçon spécial qui est atteint d’une maladie rare, le rendant insensible à  la douleur. Un jour, sa mère débarque et l’emmène à Moscou, où celle-ci est associée à un gang de fonctionnaires corrompus qui extorquent de l’argent à des gens riches. Dès lors, il participe à leurs manigances...

Tout en abordant des sujets graves, L'insensible est rempli de références à des comics : "Denis est un peu un anti-super-héros. Les super-héros dans les bandes dessinées ont toujours des pouvoirs surnaturels et ils les utilisent pour lutter contre les combats auxquels ils sont confrontés. La tragédie de Denis réside dans le fait que contrairement à eux, il ne peut rien changer réellement."

"Jeanne" de Bruno Dumont

Année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le  Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite. Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais. S’ouvre alors son procès à Rouen, mené par Pierre Cauchon qui cherche à lui ôter toute crédibilité. Fidèle à sa mission et refusant de reconnaître les accusations de sorcellerie diligentées contre elle, Jeanne est condamnée au bûcher pour hérésie.

Il y a trois ans, Bruno Dumont avait déjà réalisé Jeannette. Jeanne en est la suite. Les deux sont une adaptation d’une pièce de Charles Péguy. 

Charles Péguy est un auteur que j’ai découvert assez récemment et j’ai été très impressionné par son écriture, notamment, son chant, sa musicalité. 

"Lorsque j’ai commencé à avoir l’idée de réaliser un film musical, je cherchais un texte réellement propice, aussi je me suis rapproché naturellement de lui et de sa pièce de théâtre Jeanne d’Arc comme d’un livret."

"Music Of My Life" de Gurinder Chadha

1987, Angleterre. Javed, adolescent d’origine pakistanaise, grandit à Luton, une petite ville qui n’échappe pas à un difficile climat  social. Il se réfugie dans l’écriture pour échapper au racisme et au destin que son père, très conservateur, imagine pour lui. Mais sa vie va être bouleversée le jour où l’un de ses camarades lui fait découvrir l’univers de Bruce Springsteen. Il est frappé par les paroles des chansons qui décrivent exactement ce qu’il ressent. Javed va alors apprendre à comprendre sa famille et trouver sa propre voie...

Si le film comporte des séquences musicales, ce n'est pas pour autant une comédie musicale : "C'est un film accompagné de musique et ancré dans la réalité où l'on entend les acteurs reprendre les paroles des chansons. Pour autant, ils ne chantent pas comme des chanteurs professionnels, mais comme le feraient leurs personnages, c'est-à-dire de manière imparfaite."

"Tu mérites un amour" de Hafsia Herfi

Suite à l'infidélité de Rémi, Lila qui l'aimait plus que tout vit difficilement la rupture. Un jour, il lui annonce qu'il part seul en Bolivie pour se retrouver face à lui-même et essayer de comprendre ses erreurs. Là-bas, il lui laisse entendre que leur histoire n'est pas finie... Entre discussions, réconforts et encouragement à la folie amoureuse, Lila s'égare..

Il s'agit du premier film réalisé par la comédienne Hafsia Herfi : "Je raconte l’histoire d’une fille qui essaye de comprendre ce qui lui arrive alors qu’il n’y a rien à comprendre. 

Après une séparation, il y a  le déni, l’espoir, la jalousie, la colère… La perte de contrôle, surtout. 

Lila fait des choses inexplicables. Parce que la perdition peut amener à la folie."

Rétrospective Dewaere

avec : Un mauvais fils, Hôtel des Amériques, Beau-père

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